Voi che sapete

26112011

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Voi che sapete
che cosa è amor,
donne vedete
s’io l’ho nel cor.
Quello ch’io provo
vi ridirò;
è per me nuovo,
capir nol so.
Sento un affetto
pien di desir,
ch’ora è diletto,
ch’ora è martir.
Gelo, e poi sento

l’alma avvampar,
e in un momento
torno a gelar.
Ricerco un bene

fuori di me.
Non so ch’il tiene,
non so cos’è.
Sospiro e gemo
senza voler,
palpito e tremo
senza saper.
Non trovo pace
notte, nè dì,
ma pur mi piace
languir così.
Voi che sapete
che cosa è amor,
donne, vedete
s’io l’ho nel cor.

 J’avais déjà, il y a longtemps, publié une vidéo de Cecilia Bartoli. Je crois que ma préférence va à Cencic, finalement…




Quand Liszt met Pétrarque en musique

11112011

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The moon in my sinister hand

26102011

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Il faudra qu’un jour j’essaie d’expliquer ce que cette musique me fait.  C’est un peu comme porter la lune dans ma main gauche.




Lonesome valley

22102011

Avec Mississippi John Hurt. Toute seule c’était trop intimidant.


It is especially for you Rachel.  And also the lapidary poem under:

Best Gains – must have the Losses’ test -
To constitute them – Gains -

Emily Dickinson




L’ange et la femme

16102011

Trois concerts hier soir pour clore cette intense et belle semaine de festival: Alela Diane, Asa, King créole & the coconuts, mais je n’ai pas vu le troisième groupe car j’avais emmené Joséphine, elle était fatiguée et on est rentrées.

Alela Diane: un concert bleu. Voix puissante, magnifique, ballades merveilleuses. Mais, comment dire, je n’ai pas été transportée. C’est un ange qui chante, c’est séraphique, d’une beauté évidente. A savourer, je trouve, allongée seule par terre, dans le noir. Tout au moins chez soi, ou encore, peut-être, dans une toute petite salle de concert vraiment intimiste, genre un caveau. Mais quand même, moi, dans un concert, j’aime qu’il y ait de l’adrénaline, du transport, de l’exultation, du désordre, de l’humanité, quoi.

 Asa a donné tout cela. Ce fut un concert orange. Orange vif! Quel adorable petit bout de femme avec sa robe à froufrous, son gros chignon (sa choriste arborait le même), ses grosses lunettes rigolotes! On aurait dit une petite secrétaire ambiguë, sage et fofolle. Elle a passé son temps à titiller le public, à le haranguer, le taquiner, le tancer de ne pas savoir répéter correctement ceci ou cela, s’adressant aux nancéens dans un mélange d’anglais et de français. Il fallait par exemple répéter son prénom, Asa (à prononcer Asha), d’une manière très douce, « like a wave ». J’ai adoré ce côté égocentrique, regardez-moi admirez-moi applaudissez-moi. Plus fort ! Elle a joué de la trompette, et aussi offert une merveilleuse petite chorégraphie parfumée aux épices nigériennes. De là où j’étais, je ne pouvais voir ses jambes, mais j’entendais les cliquetis de ce qui devaient être les bracelets à ses chevilles. Asa est une jolie petite femme noire, bondissante, gaie, sa voix est chaleureuse, colorée. Elle commence un morceau qui a la suavité d’un standard de jazz, puis tout à coup, surprise, la musique repart dans des sonorités plus funky ou rock. J’ai adoré le bassiste pour son funk, justement. Asa, une chanteuse charismatique, une bête de scène. Une gazelle de scène. Je veux la revoir!

 

http://www.deezer.com/fr/music/asa




Jam !

12102011

Du coup, je réécoute mes disques des Rita Mitsouko. Et surtout Jam, le dernier titre de l’album Cool Frénésie. Ce morceau est terrible, séraphique, onirique, une merveille, six minutes quarante de lévitation…




L’allumeuse

12102011

Concert de China Moses à la Manufacture, Nancy, 11 octobre 2011.

Surtout, les filles, je vous déconseille d’aller voir China Moses avec votre mec, si vous êtes du genre jaloux, car cette chanteuse est de l’engeance redoutable de ces femmes qui éclipsent toutes les autres. Une vraie panthère, la sensualité de Dinah Washington dont elle se réclame l’héritière, la gouaille et la façon sauvage et désinhibée de danser de Tina Turner, quelque chose d’elle aussi dans le sourire léonin. Il m’énerve aussi, ce sourire immense et ravageur, avec ses, quoi!  cinquante-six dents? … plus étincelantes que tous ses bracelets clinquants, que ses vertigineuses chaussures dorées de drag-queen. Avec ça, une façon de chanter et parler en anglais tellement …années vingt, des épaules noires lustrées,  une voix très puissante, un vrai talent de conteuse, de l’esprit, de l’humour très piquant et égrillard -comme si ça ne suffisait pas, comme si la salle n’était pas assez surchauffée, mais tais-toi China! ….




La grande Catherine

11102011

Concert de Catherine Ringer du 10 octobre au festival Nancy Jazz Pulsation. Tournée Ring’N Roll

Catherine Ringer me fait penser à la sorcière dans Blanche-Neige, le dessin animé de Walt Disney (1937). Elle est comme elle sinueuse, noire, inquiétante, yeux charbonneux, lèvres rouge sang, rire brillant presque carnassier. Et terriblement belle, car bien sûr, à mes yeux, la sorcière est infiniment plus belle, plus piquante que cette potiche de Blanche Neige, cette pauvre nunuche dont l’idéal de vie est d’aller épousseter-ranger-nettoyer-briquer-lustrer la petite maison des sept nains!

La sorcière, ah! la sorcière! Je ne sais pas si vous avez remarqué à quel point elle est sexy, cette longue dame aux yeux de biche, avec sa cape immense. Pas étonnant que Catherine ait choisi un tel personnage pour une chanson….La sorcière et l’inquisiteur : http://www.youtube.com/watch?v=FE4abhbyLKU

Elle, Catherine, elle a des philtres magiques qui se répandent dans les vapeurs colorées de ses projecteurs, elle apparaît dans ces nuées comme une vestale, elle roule de gros yeux sombres de démente et les promène sur son public en donnant l’impression à celui-ci d’être vraiment regardé par quelqu’un d’humain qui est là, tout près…chaleureux, vivant. Quand elle sourit, ce sourire s’adresse à vous. Quand elle crie, c’est un vrai cri, il n’y a personne qui sache crier comme elle. Ecoutez ses cris dans La sorcière et l’inquisiteur, et ceux de sa superbe reprise de L’hôtel particulier (Serge Gainsbourg) dans l’album Système D, vous n’en reviendrez pas de ce que Catherine sait faire, ose faire. Ses grimaces, sa pantomime, son rire provocateur, son chignon de danseuse flamenca avec une mèche indomptée,  sa voix extensible, basse pour l’inquiétude, aiguë pour la folie ou la délicatesse -dans Les petites filles notamment-. Sa voix de cantatrice ou de poissonnière! D’amante, d’amie, de connasse aussi (dans Andy, j’adore sa voix de conne) http://www.youtube.com/watch?v=1C7nX7GekLg

Pour moi elle incarne à la fois dans son attitude, dans sa façon expressionniste de chanter, dans ses textes et dans sa musique, un idéal de femme: libre, féroce, et toutes les rimes en « ante » qui vous viendront à l’esprit: étonnante, provocante, méchante, aimante, indépendante, insolente, pétulante, extravagante, électrisante, exaltante, truculente, désirante, effervescente, flamboyante, renversante. Puissante. Ensorcelante. C’est incroyable comme elle sait mêler les registres: la sophistication et la rudesse, le  romantisme et l’ironie, le littéraire et le vulgaire, le sublime et le bas…ça s’entrechoque, et ça fait d’elle ce personnage inimitable de la scène française, ce trublion féminin qui a accompagné depuis leurs années collège tous ceux qui ont mon âge ou à peu près (citez-moi une fête, une seule, où vous n’avez pas dansé sur Marcia Baila!!)

Mes impressions persistantes : une pluie de watts sur la tête et les déflagrations des haut-parleurs jusque dans la cage thoracique, le festival porte bien son nom… pulsations… La présence enfiévrée de milliers de gens, les ovations, un vrai tonnerre pour acclamer la belle, l’impressionnante Catherine. L’énergie de ce tout frêle et jeune garçon, guitariste extatique, virtuose blond, dont j’apprendrai que c’est le fils, Raoul Chichin, capable de tout faire comme Jimi, même la guitare derrière la tête. Le fantôme du grand Fred, compagnon regretté dont Catherine rappelle la présence, avec pudeur et légèreté (« on était complètement bourrés quand on a écrit cette chanson« ).  La chanson Punk 103, exxxtraordinaire expérience synesthésique, rimbaldienne*, les trois grâces complètement déchaînées à mes côtés, les ados et les presque mémés (je ne m’inclus dans aucune catégorie !) qui se dandinent et bondissent avec la même exxxultation, le mec exxxtravagant avec des dreads d’un kilomètre de long, une bière cavaleuse, un pauvre sandwich pas exxxquis, une exxx élève rencontrée qui faisait partie du staff, une exxxpo photo avec un deuxième lauréat super, une soirée … exxxceptionnelle !

 

Et encore bravo et merci Benoît. Benoît Felten a remporté le deuxième prix du concours photo NJP et comme il n’a pas pu venir en Lorraine, il m’a offert les billets gagnés…www.apprentiphotographe.com

 

* C’est le bleu, le bleu qui me coule par les yeux 

Et ça me saoule… 

Le bleu non n’aime personne 

Il s’en fout et il cogne quand il se fout en rogne…. 

 

La sorcière dans le ballet de Prejlocaj:

preljocajblancheneigecavalca07.jpg  catherinegpregardh192.jpg

Autres images du magnifique ballet Blanche Neige d’Angelin Preljocaj (disponible en DVD): Attention, je ne suis pas du tout du tout d’accord avec la critique assassine, ce ballet est une pure merveille! A voir, cette page, pour les photos:

http://www.forum-dansomanie.net/pagesdanso/critiques/cr0038_angelin_preljocaj_blanche_neige_biennale_lyon_28_09_2008.html

http://www.deezer.com/fr/music/catherine-ringer

L’hôtel particulier, Serge Gainsbourg:

http://www.youtube.com/watch?v=JQDbZ-U0kDI




Se l’aura spira

1102011

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J’ai un très gros faible pour les contre-ténors. Se l’aura spira est une aria de Girolamo Frescobaldi sur laquelle je travaille avec mon professeur de chant Laurent Bajou*. J’ai trouvé l’interprétation de Franco Fagioli délicieuse. Les autres font ça à un tempo d’enfer, tout ça parce qu’un gugusse a écrit allegro sur la partition, mais cette indication n’est pas de Frescobaldi (1583-1643).

Deuxième pièce: A miei pianti al fine un dì” (1630, Primo Libro d’Arie Musicali)

Enfin, voilà en tout cas un chanteur (argentin) qui mérite d’être davantage connu, c’est fou ça, sur Youtube personne ou quasiment ne l’a écouté.

Pour écouter Franco Fagioli (extraits) : http://www.allmusic.com/album/canzone-e-cantate-w264807/tracks

Se l’aura spira tutta vezzosa, la fresca rosa ridente sta, la siepe ombrosa di bei smeraldi d’estivi caldi timor non ha. Al canto, al canto, ninfe ridenti, Scacciate i venti di crudeltà. A balli, a balli, liete venite, ninfe gradite, fior di beltà. Or, che sì chiaro il vago fonte dall’alto monte al mar sen’ va. Al canto, al canto, ninfe ridenti, Scacciate i venti di crudeltà. Suoi dolci versi spiega l’augello, e l’arboscello fiorito sta. Un volto bello all’ombra accanto sol si dia vanto d’haver pietà. Al canto, al canto, ninfe ridenti, Scacciate i venti di crudeltà.

* Laurent Bajou fait partie de L’Ensemble Paschal de l’Estocart, un ensemble a cappella. Il est aussi chef de choeur.

http://www.myspace.com/ensemblepaschaldelestocart

Page sur Frescobaldi (en italien) : http://www.parodos.it/musica/girolamo_frescobaldi.htm

Bon anniversaire papa si tu me lis!




Minha Vida par Yucca Velux

22092011

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Cette chanson de Yucca Velux est insupportable de beauté. C’est la chanson parfaite, sublimée par les images sobres et poétiques. Parler des inflexions d’une voix, de son timbre, tenter de le décrire, voilà un terrible défi, si l’on ne veut pas se contenter de dire, la bouche en o circonflexe, « c’est beau ! » Je ne crois pas en être capable, alors je préfère qu’un poète le fasse pour moi. Federico Garcia Lorca qui évoquait la guitare andalouse, la guitare qui est tellement faite pour pleurer. Remplacez simplement le mot « guitare » par le mot « voix ». Ecoutez la belle vénéneuse, et comprenez qu’elle a le talent, la force tragique des grandes chanteuses de fado, des grandes chanteuses tout court. De celles que l’on écoute en se faisant du mal.

De celles que l’on écoute en se faisant du mal.

«                                                                Commence le pleur  
                                                                     de la guitare.
                                                                  De la prime aube 

les coupes se brisent.

Commence le pleur 

de la guitare

Il est inutile de la faire taire.

Il est impossible

de la faire taire.

C’est un pleur monotone,

comme le pleur de l’eau,

comme le pleur du vent

sur la neige tombée. 

Il est impossible 

de la faire taire.

Elle pleure sur des choses

 lointaines.

Sable du Sud brûlant

qui veut de blancs camélias.

Elle pleure la flèche sans but,

le soir sans lendemain,

et le premier oiseau mort

sur la branche.

O guitare!  

Federico Garcia Lorca

 







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