Gute nacht!

5072010

porteeau.jpg

Je propose un extrait d’un petit livre superbe, de Rosetta Loy : La porte de l’eau. Ce bref roman a été traduit par Françoise Brun chez Rivages. Voici un passage que je trouve très proustien : la narratrice (Rosetta Loy probablement, son œuvre étant pour une bonne part autobiographique) évoque  sa vie de petite fille dans un austère pensionnat religieux, et son enfance choyée dans sa maison romaine au milieu d’une  domesticité industrieuse et dévouée. La plus importante de ses bonnes, c’est Anne-Marie, une jeune femme allemande qui veille sur elle avec autant d’affection que de conscience professionnelle. On trouve dans ce texte la tendresse amusée de Marcel pour Françoise, voilà pourquoi je dis que le texte est proustien. En outre, il abonde en petites notes sur des impressions fugaces, des souvenirs associés à des sensations, des parfums, des frôlements. Voici comment la narratrice parle d’Anne-Marie :

Je l’apercevais dans le hall d’entrée au milieu d’un bataillon de bonnes dont les tabliers dépassaient des manteaux, visages informes et banals parmi lesquels elle se détachait avec la splendeur d’un coquelicot.

  

Un jour, la petite fille et sa bonne peuvent  apercevoir, dans la maison d’en face, une scène muette et terrible, que le silence rend encore plus mystérieuse : la naissance d’un petit garçon,  l’agitation autour de la parturiente et du nouveau-né, et surtout  le cordon ombilical coupé aux ciseaux  (voir couverture du livre):

Quand elle se penchait le soir pour me dire bonne nuit, son visage s’approchait des rêves et les pacifiait dans la trame rosée des capillaires. Elle m’effleurait d’un baiser et ses cheveux, longs fils entortillés que je trouvais quelquefois retenus par le peigne dans la salle de bains, me chatouillaient un instant le front. Sa main remontait les couvertures, et la lumière de l’abat-jour, traversant le bleu pâle de son iris, arrivait à la couleur du fond, plus claire, changeante et onirique. «  Jesuskind, iche gehe zur Ruhe/ schliesse mir di Aüglein zu… » récitait-elle les mains jointes, et le Petit Jésus descendait doucement entre ses lèvres un peu gercées pour aller se glisser au milieu des poupées, les pieds nus. Et c’était cela aimer le bon Dieu, ne pas couper les nouveaux-nés, zac ! comme le tailleur de la fable coupe les doigts de Konrad quand il suce son pouce. J’aurais voulu lui demander si c’était le même tailleur qui, chaussant ses lunettes, se penchait sur le nid d’ange. Mais une fois la lumière éteinte ses pas grinçaient encore un instant, fragments ultimes d’une journée qu’elle emportait avec elle dans la grande poche de son tablier pendant que sa silhouette d’amenuisait jusqu’à disparaître, aspirée par l’encre du Gute Nacht, vers les chaussures et les habits à brosser. 

Présentation de l’éditeur Rome à la fin des années trente. Des parents distants et sans tendresse, une éducation stricte sous la houlette de religieuses parfois cruelles poussent une petite fille – dont la solitude est terrifiante – vers la seule personne présente dans sa vie, sa gouvernante allemande, Anne-Marie. Mais cet amour têtu et inconditionnel, comme seuls peuvent en éprouver les enfants, n’est pas réciproque.
Anne-Marie ne ressent qu’indifférence, voire agacement, à son égard. À travers le récit de cet attachement contrarié se glisse, insidieuse, l’Histoire. Au loin, les prémices de la guerre se font sentir. De l’autre côté de la rue, une famille juive vit ses derniers instants de bonheur simple sous les regards d’une petite héroïne fascinée et d’une jeune Allemande à l’hostilité farouche.
Ainsi retrouve-t-on dans La Porte de l’eau, publié une première fois en Italie en 1976, les thèmes qui hanteront toute l’œuvre de la romancière : l’enfance innocente et capricieuse confrontée au monde des adultes et à l’Histoire, celle de la Seconde Guerre mondiale. Rosetta Loy nous offre un chef-d’œuvre de subtilité et de poésie alliées à la précision de son écriture d’une beauté époustouflante. 




Felici tutti!

5072010

Un testo di Elsa MORANTE:

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 Canzone di Gaber: La libertà:

http://www.youtube.com/watch?v=p1Y4xjh0rC0&feature=related

Sur youtube, ces deux commentaires brillants:

1) La Libertà esiste quando finisce il bisogno di invocarla !

2) io credo sia possibile…ma partecipare non è necessariamente fare i pecoroni in piazza…anche opporsi alla piazza è partecipazione..il problema è l’indifferenza




Giovani come te

2072010

Voilà quelque chose de beau, enfin! Une magnifique poésie sur la jeunesse. Traduction en français dans la suite de l’article.

Une poésie de Rocco Scotellaro, de 1946. Je la préfèrerais amputée de ses trois derniers vers, qui la circonscrivent dans une époque, dans un parti…A voir sur Youtube une série de six vidéos documentaires sur ce poète.

Quanti ne fissi negli occhi
superbi della strada, erranti
giovani come te.
Non hanno in ogni tasca
che mozziconi neri
di sigarette raccattate.
Non sanno che sperdersi
davanti alle lucide vetrine
alle dicende dei bar
ai tram in rapida corsa
alla pubblicità
padrona delle piazze.
Tanto perché il tempo si ammazzi
cantano una qualsiasi canzone,
in cui si chiamano fuorviati, si dicono
amanti del bassifondo
e si ripagano di comprensione.
Una canzone è per covare insano amore
contro le ragazze cioccolato
che sono un po’ le stelle sempre vive
che sono la speranza
d’una vita sorpresa in un sorriso.
E quanti, ma quanti
vorrebbero la luna nel pozzo
una loro strada sicura
che non si rompa tuttora nei bivii.
Quando compiono un gesto il solo gesto
son lì coi mietitori
addormentati ai monumenti
che aspettano la mano sulla spalla
del datore di lavoro.
Sono coi facchini di porto
contenti della faccia sporca
e le braccia penzoloni
dopo che il peso è rovesciato.
Son sprofondati talvolta in salotti
a far orgia di fumo e d’esistenzialismo
giovani malati come te di niente.
Spiriti pronti a tutte le chiamate
angeli maledetti
coscritti e vagabondi,
compagni dei cani randagi,
la nostra è la più sporca bandiera
la nostra giovinezza è
il più crudo dei tormenti.
Or quando la terra accaldata
ci mette addosso la smania del fuoco
nei lunghi meriggi d’estate,
è tempo di crucciarsi
di dir di sì all’Uomo che saremo
e che ci aspetta
alla Cantonata
con falce e libro in mano!
ROCCO SCOTELLARO.le ragazze cioccolato: les filles chocolat! Pour désigner ces filles du Sud à la peau brune, au caractère fort et sucré, amer s’il est fort… 

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Eleonora Fonseca Pimentel

11022010

Eleonora Fonseca Pimentel dans Chansons italiennes wma donnaelenoraeugeniobennato.wma

Chanson d’Eugenio Bennato.

 

 Donna Eleonora nun è ghiuta ‘o Teatro
è rimasta fora ‘miezo a via
tra e disoccupati organizzati
guardati a vista d’a polizia
Donna Eleonora nun ce steva ‘o San Carlo
‘mmiezo a gente assettata ca nun abballa
steva cu e guagliune ‘e l’Officina
fatti a ttammorra fatti a vvino

Dint’o Teatro pe Donna Eleonora
è o Setteciento ca se sona ancora
a stessa musica a stessa gente
nun è cagnato o riesto ‘e niente
Dint’o Teatro tutto tale e quale
e stessi ffacce dint’o palco reale
a stessa musica a stessa storia
o Rre sta dinto e o popolo fora
Tutte e signure dint’o teatro
tutte e ttammorre d’e ttammurriate
pe’ chi sta fora pe’ chi sta fora
Pe’ tutt’a musica ‘e contrabbando
pe’ l’africano pe’ l’emigrante
pe’ tutta a gente ‘e donna Eleonora
Donna Eleonora forse nun c’è mai stata
forse è nu nomme che ci’ammo ‘nventato
forse è sultanto n’illusione
d’o Settecientonuvantanove
E si è na musica ‘Onna Eleonora
è na tammorra ca sona ancora
è tutt’a musica ‘e miezo a via
d’o popolo sujo d’o popolo mio

(Donna Eleonora, donna Eleonora Nascette portoghese da Lisbona
e a Napule campaie Donna Eleonora
murette quanno a Napule se more
o Millesettecientonuvantanove)
Donna Eleonora nun è ghiuta ‘o Teatro
è rimasta fora ‘miezo a via
tra e disoccupati organizzati
guardati a vista d’a polizia
Donna Eleonora nun ce steva ‘o San Carlo
‘mmiezo a gente assettata ca nun abballa
steva cu e guagliune ‘e l’Officina
fatti a ttammorra fatti a vvino

“Eleonora ’99” o “Donna Eleonora”,  di Eugenio Bennato,  Tarantapower, 2000   

  Naples, XVIIIème siècle finissant. Donna Eleonora Fonseca Pimentel n’est pas une illusion, elle a bel et bien existé. Elle naît à Rome en 1752  de parents portugais (Lopez). La famille s’installe à Naples. Cette enfant d’un milieu aristocratique démontre une précocité intellectuelle et des dispositions pour la littérature et la poésie, à laquelle elle va se consacrer, mais sa formation répond aux exigences de l’Encyclopédie puisqu’on lui enseigne aussi bien un savoir technique : mathématiques, astronomie, minéralogie, droit, économie,  vulcanologie, tout cela la passionne aussi. Dans un climat de fêtes où la bonne société fréquente les théâtres, les concerts, le constat est que ce qui caractérise cette société parthénopéenne, c’est l’immobilisme : les mêmes gens, la même musique, éternellement. Sur la scène (politique bien évidemment) les visages ont beau changer, c’est la même façon de gouverner…  e stessi ffacce dint’o palco reale /a stessa musica a stessa storia
o Rre sta dinto e o popolo fora /Tutte e signure dint’o teatro

Eleonora Fonseca Pimentel épouse le capitaine Pasquale Tria de Solis, mais il s’agit d’une union malheureuse et les événements qui scandent la vie de cette femme sont tous tragiques : elle connaît la douleur de perdre son fils premier-né, puis ne porte pas sa deuxième grossesse à terme en raison des mauvais traitements que lui inflige son époux ; Elle finit, au bout de huit années, par se séparer de ce militaire brutal, ce qui à l’époque, on peut le concevoir, voue une femme aux gémonies. Elle se consacre aux activités intellectuelles, et en tant que  correspondante de Goethe et de Voltaire, c’est une femme des Lumières, émancipée et lettrée, qui sort de sa minorité (les Lumières pour Kant, c’est cela : « sortir de sa minorité »). Durant sa vie conjugale elle s’était ingéniée à trouver de quoi payer son abonnement à l’Encyclopédie de Diderot et D’Alembert, car son mari voyait d’un mauvais œil ces acitivités peu…domestiques. Faisant siens les idéaux de la Révolution française, dans Naples agitée d’une ferveur révolutionnaire, elle prend fait et cause pour le petit peuple opprimé. La toute jeune République française voit en elle une meneuse, et le régime des Bourbons l’inscrit dans son registre des personnes à surveiller. Elle fonde Il Monitore Napoletano, un journal qu’elle dirige et dans lequel elle pratique une méthode de journalisme très avant-gardiste, se servant de cette tribune pour diffuser ses idéaux démocratiques. En raison de ses idées, en raison de son combat en faveur des opprimés, des minorités, des étrangers (« pe l’africano, l’emigrante, pe tutta la gente”) elle est arrêtée en 1798 mais l’année suivante, le roi et sa cour s’enfuient à Palerme. Il s’ensuit une  période d’anarchie populaire dont elle profite, puisqu’elle est libérée de prison. Liberté provisoire, puisqu’en 1799 elle est à nouveau emprisonnée à la Vicaria puis au Carmine, où elle endure la faim, la saleté, l’isolement. Un procès expéditif la déclare coupable de trahison et, avec d’autres personnes illustres telles que Gennaro Serra, Giuliano Colonna et le prince de Torella, elle monte sur l’échafaud le 20 août 1799. C’est avec un courage qui force l’admiration qu’elle offre son cou à son bourreau Tommaso Paradiso (l’ironie de ce nom !) après avoir prononcé ces mots  « Forse un giorno gioverà ricordare tutto questo ». 

Elle demeure donc une figure très importante et il n’est pas étonnant que la féministe Maria Antonietta MACIOCCHI lui ait consacré un livre (une biographie). De même, il me semble que ce personnage a pas mal inspiré Dacia MARAINI pour son personnage de Marianna dans La vie silencieuse de Marianna Ucrìa (somptueux roman ! La lunga vita di Marianna Ucrìa. On peut aussi se douter que ce prénom, Marianne, a été choisi en hommage aux idéaux de la république française). Sulla sua vita è stato girato un film, “Il resto di niente”, del 2004. Un film inspiré de sa vie est sorti sur les écrans en 2004 : Il resto di niente. D’après le roman éponyme d’Enzo STRIANO. 

1) Dossier très complet, en français , dans Annales Historiques de la révolution française :  http://ahrf.revues.org/6363 

 2) dossier en italien : http://scienzaa2voci.unibo.it/scheda.asp?scheda_id=117  (in italiano) 

3) deuxième dossier en italien :  http://www.letteraturaalfemminile.it/eleonora_de_fonseca_pimentel.htm    




Machiavel, le discours de la guerre

24112009

Conférence de JC Zancarini et JL Fournel, qui furent mes professeurs. Deux heures de conférence!  (mais on peut couper par chapitre).

http://www.canal-u.tv/producteurs/ens_lsh_canal_philo/dossier_programmes/colloque_les_discours_du_politique/le_discours_de_la_guerre




Anima

11092009

 …è fuori moda , l’anima….

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Stefano BENNI, l’un des meilleurs écrivains italiens contemporains.




Dammi le parole

30062009

E ora dammi le parole, et maintenant donne-moi les mots. C’est ainsi que commence Mémoire du vide, de Marcello Fois.

E ora dammi le parole.

La notte dell’eccidio la luna piena, grassa e sudata, se n’era stata appollaiata per ore sulla schiena delle montagne. Pochi fili di nubi facevano l’effetto di capelli scomposti sulla sua fronte. Se n’era stata cosi la luna, a bersi l’orizzonte frastagliato come il bordo di un guscio d’uovo spaccato in due, pigra di una pigrizia quasi Morte, quasi fosse al primo sonno. Poi, a un certo punto, si era sollevata, indolente, alitando contro la terra. Una luna antica che, arcuata la schiena per sgranchirsi nel silenzio e cominciare con ritardo il suo turno, si era spalancata allo sguardo degli insonni. Cosi aveva iniziato a scialbare la campagna solleticando il pelo fosforescente delle bestie, e facendo scintillare le foglie d’erba come rasoi. Aveva attraversato le vigne incidendo contro la lastra del cielo un nero golgota di piante crocifisse. Poi era passata in paese come giungendoci per caso, viaggiatrice distratta, per rendere febbrile di luce il rosso dei tetti. E penetro’ nella malta dei selciati per farla preziosa d’argento, e scelse muri immacolati perché la riflettessero. Illumino’ gli amplessi, oh se lo fece ! Quelli leciti e quelli illeciti, ferendo con scudisciate di bianco la pelle degli amanti, infilandosi nelle fessure delle porte chiuse, insinuandosi fra le tende che si sfioravano, schizzando dagli sfiatatoi delle imposte accostate. Più in là, dove il terreno sempre è grasso di vermi, fece brillare le tombe di marmo come specchi ustori e abbatte’ al suolo nerissime ombre di cipressi sull’attenti ai bordi dei viali, per farle colare sui marciapiedi. Ah, una luna maledetta! Che sussurrava sventure, la notte dell’eccidio.

 

Et maintenant donne-moi les mots.

 La nuit du massacre la pleine lune, grasse et transpirante, était restée des heures durant juchée sur le dos des montagnes. Quelques nuages effilochés lui faisaient l’effet de cheveux décoiffés sur le font. Elle était restée ainsi, la lune, à boire l’horizon dentelé comme le bord d’une coquille d’ oeuf cassée en deux, paresseuse d’une paresse proche de la Mort, comme en proie au premier sommeil. Puis, à un certain moment, elle s’était soulevée, indolente, haletant contre la peau de la terre. Une lune antique qui, faisant le dos rond pour s’étirer dans le silence et commencer en retard sa tournée, s’était dévoilée aux regards insomniaques. C’est ainsi qu’elle avait commencé à blanchir la campagne, chatouillant le pelage phosphorescent des bêtes, faisant étinceler les brins d’herbe comme des lames de rasoir. Elle avait traversé les vignes en gravant sur le métal du ciel un noir golgotha de plantes crucifiées. Puis elle était passée au village, comme arrivée là par hasard, voyageuse distraite, pour embraser de fiévreuse lumière le rouge des toitures. Et elle pénétra le ciment des pavés pour le teindre d’argent précieux, et elle choisit des murs immaculés afin qu’ils accueillent son reflet. Elle illumina les étreintes, oh, si elle le fit ! les légitimes comme les illégitimes, blessant la peau des amants de ses blancs coups de cravache, se faufilant sous les portes closes, s’insinuant entre les rideaux qui se frôlaient, jaillissant à travers les lamelles des persiennes refermées. Plus bas, là où la terre est toujours grouillante de vers, elle fit briller les tombes de marbre comme des miroirs ardents et culbuta les ombres noires des cyprès noirs au garde à vous le long des avenues, faisant couler ces ombres sur les trottoirs. Ah, une lune maudite, qui sussurrait des malheurs, la nuit du massacre.




Memoria del vuoto

30062009

memoriavuoto.jpg

Je commençais presque à désespérer ! De trouver, ces derniers temps,  un roman italien qui me plaise, qui soit bien écrit et dont l’histoire me captive…

Ce livre qui raconte l’histoire vraie du bandit sarde Samuele Stocchino me plaît énormément. On l’appelait le tigre d’Ogliastra.

Présentation de l’éditeur en France: Mémoire du vide est un roman historique, le récit de la vie d’un redoutable bandit sarde ayant réellement existé, Samuele Stocchino, marqué dès son enfance par un terrible destin de vengeance pour un verre d’eau refusé. Fils d’une famille de bergers, il s’engage à l’âge de seize ans et part lutter contre les Turcs en Libye, puis contre les Autrichiens pendant la Grande Guerre, et rentre à chaque fois en héros dans son village sarde. Mais rien n’y fait, le voilà définitivement rattrapé par son destin : pour venger la mort de son frère et sa famille humiliée, il devient le bandit sur la tête duquel pèse la rançon la plus élevée jamais promise, sur l’ordre du Duce en personne. Seul l’immense amour que lui porte depuis toujours Mariangela le soulage parfois, adoucissant un peu la violence qui domine toute sa vie.
Dans ce roman d’une très grande puissance, Fois manie à la perfection les différents points de vue, celui de Samuele, celui des habitants du village, sorte de voix populaire, et celui d’une instance narrative supérieure, voix d’une sagesse ancestrale. Une façon bien particulière donc de dire le passé à travers la reconstruction inquiète et fragmentée d’expériences partielles. On est fasciné par la vie de ce personnage à la fois historique et légendaire, mais aussi conquis par la force de la langue, la puissance poétique qui se dégage aussi bien des descriptions que des dialogues.

Marcello Fois, né en 1961 en Sardaigne, vit aujourd’hui à Bologne. Ayant participé au mouvement qui a redonné au roman noir italien ses lettres de noblesse littéraire, il a progressivement développé une veine noire très personnelle qui lui permet de surprendre les secrets de son île natale. Ses romans sont tous traduits dans plusieurs langues et ont obtenu différents prix italiens et internationaux.




L’odore dei limoni

11062009

Ascoltami, i poeti laureati
si muovono soltanto fra le piante
dai nomi poco usati: bossi ligustri o acanti.
lo, per me, amo le strade che riescono agli erbosi
fossi dove in pozzanghere
mezzo seccate agguantano i ragazzi
qualche sparuta anguilla:
le viuzze che seguono i ciglioni,
discendono tra i ciuffi delle canne
e mettono negli orti, tra gli alberi dei limoni.
Meglio se le gazzarre degli uccelli
si spengono inghiottite dall’azzurro:
più chiaro si ascolta il susurro
dei rami amici nell’aria che quasi non si muove,
e i sensi di quest’odore
che non sa staccarsi da terra
e piove in petto una dolcezza inquieta.
Qui delle divertite passioni
per miracolo tace la guerra,
qui tocca anche a noi poveri la nostra parte di ricchezza
ed è l’odore dei limoni.

Vedi, in questi silenzi in cui le cose
s’abbandonano e sembrano vicine
a tradire il loro ultimo segreto,
talora ci si aspetta
di scoprire uno sbaglio di Natura,
il punto morto del mondo, l’anello che non tiene,
il filo da disbrogliare che finalmente ci metta
nel mezzo di una verità.
Lo sguardo fruga d’intorno,
la mente indaga accorda disunisce
nel profumo che dilaga
quando il giorno piú languisce.
Sono i silenzi in cui si vede
in ogni ombra umana che si allontana
qualche disturbata Divinità.

Ma l’illusione manca e ci riporta il tempo
nelle città rurnorose dove l’azzurro si mostra
soltanto a pezzi, in alto, tra le cimase.
La pioggia stanca la terra, di poi; s’affolta
il tedio dell’inverno sulle case,
la luce si fa avara – amara l’anima.
Quando un giorno da un malchiuso portone
tra gli alberi di una corte
ci si mostrano i gialli dei limoni;
e il gelo dei cuore si sfa,
e in petto ci scrosciano
le loro canzoni
le trombe d’oro della solarità.

Eugenio Montale (Genova 1896-Milano 1981)

J’aime bien les coquelicots…mais les citrons aussi. Le trombe d’oro della solarità. Le vesti vermiglie dell’allegria…




Mouâ mouâ

28042009

« l’io, io!… il più lurido di tutti i pronomi!… I pronomi! Sono i pidocchi del pensiero. Quando il pensiero ha i pidocchi, si gratta come tutti quelli che hanno i pidocchi… e nelle unghie, allora… ci ritrova i pronomi: i pronomi di persona.  » Carlo Emilio GADDA. La Cognizione del dolore.

trad: Je, je! …Le plus abject de tous les pronoms ! ….Les pronoms! Ce sont sont les poux de la pensée. Quand la pensée a des poux, elle se gratte comme tous ceux qui ont des poux …et sous ses ongles, alors…elle retrouve les pronoms: les pronoms sujets (La connaissance de la douleur)

Je retourne à mes classiques. Frilosité? Marre, surtout, de perdre mon temps avec des livres sans intérêt mais encensés par la critique (copinage copinage…) Remarquez, avec Veronesi, je persévère: à un certain degré de bêtise, on aboutit au comique pur…







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