Solo e pensoso…

11112011

 Sonnet 35 de Pétrarque.

Des étudiants de l’université de l’Oregon en proposent une version chantée:

http://cascade.uoregon.edu/spring2011/online-extras/petrarch-madrigal/

 

Lire la suite… »




Quand Liszt met Pétrarque en musique

11112011

Image de prévisualisation YouTube




Pace non trovo

31102011

Lecture d’un sonnet de Pétrarque, le N° 134, en italien, puis en traduction française, enfin en anglais (trad. Sir Thomas Wyatt)

 

 

CANZONIERE CXXXIV

Pace non trovo e non ho da far guerra
e temo, e spero; e ardo e sono un ghiaccio;

e volo sopra ‘l cielo, e giaccio in terra;

e nulla stringo, e tutto il mondo abbraccio.

Tal m’ha in pregion, che non m’apre né serra,

né per suo mi riten né scioglie il laccio;

e non m’ancide Amore, e non mi sferra,

né mi vuol vivo, né mi trae d’impaccio.

Veggio senz’occhi, e non ho lingua, e grido;

e bramo di perire, e chieggio aita;

e ho in odio me stesso, e amo altrui.

Pascomi di dolor, piangendo rido;

egualmente mi spiace morte e vita:

in questo stato son, donna, per voi. 

 Francesco Petrarca

Lire la suite… »




Le désir mimétique de Paolo et Francesca

30092011

Ou la persuasion, non plus de soi-même, mais du texte. Le désir textuel !!

Le désir mimétique est une théorie passionnante de René Girard, spécialiste de Shakespeare. 

Au chant V de l’Enfer, Dante raconte comment c’est la lecture d’un roman chevaleresque (précisément le récit d’un baiser échangé entre Lancelot et Guenièvre) qui a conduit Francesca da Rimini et Paolo Malatesta  à commettre le péché de chair, aggravé par la faute d’adultère, car Francesca est l’épouse de Gianciotto Malatesta, le frère de Paolo. Leur histoire se termine tragiquement… C’est donc le texte qui est à l’origine de leur perte, qui embrase leur coeur (ou leurs sens seulement…) par une sorte de désir mimétique. Maléfique et funeste pouvoir que celui de la littérature!  

 

Noi leggiavamo un giorno per diletto
di Lancialotto come amor lo strinse;
soli eravamo e sanza alcun sospetto.

Per più fiate li occhi ci sospinse
quella lettura, e scolorocci il viso;
ma solo un punto fu quel che ci vinse.

Quando leggemmo il disiato riso
esser basciato da cotanto amante,
questi, che mai da me non fia diviso,

 

la bocca mi basciò tutto tremante.
Galeotto fu ‘l libro e chi lo scrisse:
quel giorno più non vi leggemmo avante.
  

(Inferno, Canto V, versi 133-138)

« Nous lisions un jour par plaisir/ de Lancelot et comment amour le saisit/ nous étions seuls et sans aucun soupçon./ plus d’une fois nous fit lever les yeux / cette lecture, et pâlir le visage: / mais seul fut un point qui nous vainquit/ quand nous lûmes le rire désiré/ être baisé par un tel amant/ lui qui jamais de moi ne sera séparé/ me baisa la bouche tout tremblant: Galehaut fut le livre et qui l’écrivit/ ce jour-là nous ne lûmes plus avant. »

Le dernier vers cité est sans doute la plus belle litote, le plus habile et suggestif understatement, le vers le plus érotique de toute la littérature: « ce jour-là nous ne lûmes plus avant »…. 

 

L’épisode a beaucoup inspiré les peintres, et nombre d’entre eux ont choisi de représenter les deux amants échangeant un bisou courtois, le livre jeté à terre dans un léger désordre de draperies. D’autres ont accentué la faute, ou opté pour une mise en scène théâtrale: l’arrivée de Gianciotto, pile poil au mauvais moment! Ou encore la mort de Paolo et Francesca (Alexandre Cabanel notamment). Auguste Rodin (qui en 1906 a fait un Ugolin saisissant) a été très inspiré par l’ oeuvre gigantesque qu’est la Divine Comédie, et il a illustré l’histoire de Paolo et Francesca. D’une manière très très différente! En effet il a sculpté le célébrissime  Baiser que tout le monde a en tête, mais aussi le groupe ci-dessous. En tout cas, dans une oeuvre comme dans l’autre, on n’est plus du tout dans le baiser courtois mais complètement dans le chavirement érotique … Sacré Auguste !

 

6f6dc6c4c885e9ddcc1a71393151efea.jpg  rodinpaoloandfrancesca1909marble.jpg 

 Marbre, 1887 -1889 

Voit-on ici Francesca éplorée sur le corps de son amant, juste avant qu’elle-même soit tuée?

Je vous renvoie à la page ci-dessous qui vous permettra de voir une riche collection d’oeuvres représentant Paolo et Francesca. Il y a aussi la traduction d’André Pézard, très maniérée et désuète, mais qui a un certain charme, je trouve.

http://www.faisceau.com/enf_ar_pao.htm

Ainsi qu’à cette page qui concerne La Porte de l’Enfer:

http://www.musee-rodin.fr/scuenf1.htm

Ensuite, pour ceux et celles qui parlent italien, mais pourquoi pas pour les autres aussi, voici Vittorio Gassman disant ce passage du chant V, Vittorio Gassman et son beau visage de prophète, sa diction irréprochable et sensible, son incommensurable talent. Une performance époustouflante !

Lire la suite… »




8092011

Image de prévisualisation YouTube




Pier Paolo

15062011

pasolini.jpg

Format A3

 www.pasolini.net

 




Dino BUZZATI, un portrait

20052011

1004318.jpg Format A3

Dino Buzzati ( Belluno 1906- Milan 1972) était un journaliste (au Corriere della sera), un peintre et dessinateur très original, un nouvelliste (le K, Les sept messagers…) et bien sûr un romancier très connu pour son roman Le désert des Tartares (porté à l’écran par Valerio Zurlini). Les reproductions de ses oeuvres étant protégées, je vous laisse le soin de les découvrir par vous-même. On y perçoit la même inquiétante étrangeté que dans ses récits. Je trouve qu’il avait un beau visage au regard inquiet.

La giacca stregata, une très belle lecture:

Prima parte

 http://www.youtube.com/watch?v=M2yPDg6ktu0&feature=watch_response

http://www.youtube.com/watch?v=J6mEKvXxm2Q&feature=related  (parte seconda)




Io ti amo

24122010

Image de prévisualisation YouTube

 

Cette poésie de Stefano Benni me fait trop rire! Elle est très belle, en plus.

Io ti amo
e se non ti basta
ruberò le stelle al cielo
per farne ghirlanda
e il cielo vuoto
non si lamenterà di ciò che ha perso
che la tua bellezza sola
riempirà l’universo

Io ti amo
e se non ti basta
vuoterò il mare
e tutte le perle verrò a portare
davanti a te
e il mare non piangerà
di questo sgarbo
che onde a mille, e sirene
non hanno l’incanto
di un tuo solo sguardo

Io ti amo
e se non ti basta
solleverò i vulcani
e il loro fuoco metterò
nelle tue mani, e sarà ghiaccio
per il bruciare delle mie passioni

Io ti amo
e se non ti basta
anche le nuvole catturerò
e te le porterò domate
e su te piover dovranno
quando d’estate
per il caldo non dormi
E se non ti basta
perché il tempo si fermi
fermerò i pianeti in volo
e se non ti basta
vaffanculo

 

Traduction française à lire dans la suite de l’article

Lire la suite… »




Non ti muovere

12092010

Non ti muovere de Margaret MAZZANTINI (cela signifie « ne bouge pas » mais les éditeurs ont choisi de le traduire par « Ecoute-moi ». Ont-ils bien fait ?)

mazzantini.jpg  ecoutemoi.jpg traduction Vincent Raynaud

 Je lis rarement les livres au moment de leur parution, dans l’effervescence que crée leur promotion, parfois tapageuse et pour moi rebutante. J’attends que les choses se décantent un peu.  Parfois (souvent ?) je manque des occasions. Mais la rencontre avec un livre est soumise à tellement d’aléas, il faut être dans un état d’esprit pour « accueillir » une certaine prose. Je me rappelle qu’à quinze ans j’ai lu les Fleurs du mal, et je suis restée de marbre. Un an plus tard, je m’y suis replongée, et ce fut la révélation, le choc ! 

 Non ti muovere est un roman bouleversant que j’ai lu en apnée, happée, captivée, choquée. Je ne voulais pas le lire parce que je savais qu’il était question d’enfant en danger de mort, un sujet que je ne supporte pas (par exemple je ne peux pas me décider à voir le film La stanza del figlio de Nanni Moretti). Je remercie ma copine Caty de m’avoir convaincue de le lire. 

C’est une longue confession d’un père à sa fille de seize ans, Angela. Angela est comme tous les adolescents, impatiente de vivre et peu soucieuse de prudence. Un matin, elle n’attache pas son casque. C’est l’accident. Grave. La voilà reléguée dans un entre-deux,  en suspens entre la vie et la mort. Il y a comme une « cornice », un cadre qui est l’accident d’Angela, ce cataclysme dans une vie banale,  l’hôpital, l’urgence des soins, la mort qui plane. L’arrivée de l’adolescente inconsciente dans la salle d’opération où son propre père Timoteo officie en tant que chirurgien, et le dénouement de cette histoire, pour Angela et pour ses proches. Voilà le cadre.

 Au milieu, il y a une sorte de torrent boueux de paroles, une complainte, un aveu, qui est une prière aussi, une demande de rédemption de ce père à sa fille. C’est le récit d’une passion amoureuse assez incompréhensible qu’a vécue Timoteo pour une petite bonne femme qui ne payait pas de mine, une créature blessée et vulnérable, qui n’a rien, rien du tout. Qui n’est pas belle, qui est pauvre. Et vulgaire. Mais on est toujours vulgaire quand on est pauvre. Et ce petit animal farouche, disgracieux, il va l’apprivoiser, et se laisser ensorceler, et ils vont aimer et souffrir ensemble.  Lui qui a tout, la réussite professionnelle, l’estime de ses confrères, une épouse charmante, il se vautre dans une sorte de passion charnelle décrite souvent de façon dérangeante et plonge dans une double vie. Rien à voir avec le vaudeville.  On se dit au début que c’est une sorte de démon de la perversité qui s’empare de lui, une fascination de la noirceur, de la laideur,  mais c’est plus compliqué que cela. Ce deuxième pan de sa vie, clandestin, obscur, il comprend que c’est le plus vrai et que le faux, c’est l’autre ( Stavo qui, sprofondato nel silenzio della vita riconosciuta. Qui ero un uomo libero, non avevo bisogno di nascondermi. La gente mi conosceva, mia moglie, mio suocero, tutti mi conoscevano. Eppure ora mi sembrava che fosse questa la vita parallela, non l’altra. Quella con Italia, nei sussurri, nella segregazione, quella era la vita vera. Clandestina, senza cielo, spaventata, ma vera. P 132). Ce qui le relie à cette femme est de l’ordre de l’animalité, ce qui n’exclut pas l’amour. Car il découvre ce que c’est que l’amour « Il corpo può amare ciò che la mente disprezza, Angela ? » Le corps peut-il aimer ce que l’esprit méprise ? p 94. Cette question est déjà une réponse.  Ce roman est une incroyable histoire d’amour, ou plutôt l’histoire d’un amour incroyable (encore qu’on ne sache pas bien ce qu’il faut mettre sous ce mot galvaudé, l’amour…) Mais c’est aussi une histoire de lâcheté, de lâcheté terrible. Un livre bouleversant parce qu’il est aussi irrationnel, aussi compliqué, aussi inexplicable que la vie. Il est électrique, en tout cas je suis sortie de cette lecture complètement sonnée. 

Ce livre a été porté à l’écran en 2004 par Sergio Castellito, le compagnon de Margaret Mazzantini. Je n’ai pas encore vu ce film.




Mère Cécilia

5072010

Il faut que je vous fasse partager ça aussi, ce deuxième extrait de La porta dell’acqua (second roman de rosetta Loy, publié en 1976). J’espère que vous serez sensible à cette prose qui est pour moi de la poésie pure, et dont je perçois d’autant mieux l’immense valeur après la lecture du roman de Silvia Avallone (voir article du 2 juillet).

 

Elle était l’intime de cardinaux à calotte de moire, grands dévorateurs de gâteaux, qui venaient une fois l’an apposer l’huile de la confirmation en écrasant lourdement leur pouce sur le front des confirmandes. Après la cérémonie elle les précédait au parloir où un déjeuner était préparé sur une longue table recouverte d’une nappe blanche, ils mangeaient avec lenteur et préciosité en tendant vers l’avant leurs gros ventres violets parsemés de petits boutons, s’interrompant parfois pour offrir au baiser de quelque soeur particulièrement dévote une améthyste enchâssée dans la chair molle de leurs doigts. Porteurs de bénédictions spéciales du Saint-Père, ils venaient assister à notre spectacle de fin d’année, quand nous bondissions d’une énorme boîte en carton habillées en Peaux-Rouges ou en hannetons. Pour l’occasion elle s’asseyait parmi eux en entrouvrant le mica de son regard, antique et vénérable dans la blancheur immaculée de son habit, les mains rétractées telles de petites pattes sur l’or des fauteuils.

Mais dans les grandes occasions, endossant une cape ample comme les ailes de la raie manta, elle voguait au milieu d’un nuage d’encens jusqu’à l’autel et là se prosternait dans un battement étouffé de linge. Les petites flammes des cierges tremblaient autour de son corps étendu, petite colline bossue sur le marbre jaunâtre des dalles. Quand lentement l’encens s’évacuait dehors par les vitraux et que deux soeurs l’aidaient à se remettre debout, sous la cape on entendait le craquement vermoulu et délicat des os, et elle levait un visage où les globes des paupières battaient dans le reflux d’un sang lent, terreux.

Et mère Cécilia attaquait le solo. Sa voix s’élevait par-dessus les autres en agitant les frondaisons de ce paradis où l’ennui et l’extase étaient reproduits en miniature comme les pagodes et les ruisseaux dans les petits jardins chinois. Une voix de tête, affirmée. Les notes se détachaient du rond de sa bouche avec une assurance admirable, alternant les pauses et les cadences en un équilibre qui ignorait l’hésitation. Douce et terrifiante, avec un regard qui s’illuminait, béatifié par sa propre puissance.

Rosetta LOY, traduite par Françoise Brun.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Rosetta_Loy

http://www.wuz.it/archivio/cafeletterario.it/interviste/loy.html

 







Bijoux Jolifolie |
Tamellaht-Ahnif de Bouira |
laviedespinoza |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Kitten
| Chevauchée Tibétaine
| S p i r i t u a l • B o n &...