Des amis et des livres

11102011

Petit moment presque joyeux, hier, dans des circonstances dramatiques.

Salut à  Germain: le petit garçon d’autrefois à la Grange au Bois est toujours là, dans l’enthousiasme, les grands yeux, les mille projets.

Salut à Victor, le polyglotte discret, l’écrivain russe dont je ne peux hélas goûter les expressos littéraires (beh, diciamo gli espressi!)

Salut à Emmanuelle, par le deuil bouleversée, et que son bébé bientôt va consoler.

Et salut Alexandra, qui s’en est pris plein la figure, avec son stoïcisme légendaire, qui à cette heure doit en sourire, je pense…

 

Espère pouvoir à nouveau parler ainsi de livres avec vous, d’une manière absolument pas snob et convenue.




Ne pas penser

8102011

« Celui qui a jeté un regard pénétrant sur les choses devine sans peine quelle sagesse il y a dans la superficialité des humains. C’est leur instinct de conservation qui leur apprend à être inconscients, légers et faux. »  

 Friedrich Nietzsche, Par-delà bien et mal.




Culture = infériorité et soumission

27092011

J’ajouterais ceci: les gens créatifs n’ont pas besoin d’être cultivés.

D’une certaine manière, la personne cultivée ne fait que se nourrir de la création d’autrui.

Au contraire on peut y voir une preuve d’infériorité.

On me rétorquera « mais quelle absurdité! tous les artistes ont besoin d’une culture artistique pour créer quelque chose de valable, tous se sont inspirés des prédecesseurs, ils ne créent pas ex nihilo…. » Oui, mais je pense aux oeuvres de cet art que l’on appelle art naïf, ou brut. J’ai vu des choses époustouflantes faites par des malades mentaux, des fous, des simples d’esprit. Il n’y a aucune référence en filigrane, en tout cas rien de conscient ni d’assumé, ça semble surgir d’on ne sait où, et c’est fascinant de vérité, de liberté.

Je me corrige toutefois, je nuance: les gens créatifs n’ont pas besoin d’être très cultivés. Je veux dire par là qu’un trop-plein de références peut entraver, parasiter ou paralyser la création.

Lire trop peut empêcher d’écrire.

A lire: Extraits de Jean Dubuffet: l’art brut préféré aux arts culturels

Lire la suite… »




C’est quoi, être cultivé?

27092011

Je suis, comme on dit, « cultivée ». Ouahhh!! Premièrement, dans l’exercice même du blog, surtout lorsque celui-ci prend la forme d’une anthologie, il y a risque de supercherie: je poste des trucs comme pour dire: « hé! regardez comme je suis cultivé(e), j’ai lu ça et ça et ça ! » Ajoutons qu’il n’est même pas besoin d’avoir lu le livre en question. On peut très bien, n’est-ce pas, recopier impunément un extrait qu’on aura trouvé sur la page d’un internaute… cultivé (euh…ben finalement rien n’est sûr!)

Les discussions sur la culture, ça me fatigue et me consterne, parce qu’il y a pas mal d’hypocrisie, et surtout parce que c’est devenu le mot fourre-tout. Il y a des centaines de définitions de la culture que des gens brillants ont données mais (et je parlerai aussi des citations) j’aime beaucoup celle, très socratique (oh là là ça y est je tombe dans la pédanterie, là précisément, PAF!!) celle de Frédéric Dard, donc: « la culture, c’est connaître cent mots de plus que les autres ». Déjà parce que, honnêtement, toute entreprise de savoir encyclopédique est vouée à l’échec, et qu’on ne sait rien. Moi je sais juste trois fois rien.

Mais j’aime surtout cette phrase d’Aldous Huxley:  » Tu seras solitaire, car la culture est aussi une prison ». Oui, et je ne sais plus qui a dit que l’intelligence était une faculté d’inadaptation. Ah, la belle affaire!! On est seul dans la vie. C’est-y pas mieux d’être une bonne grosse conne satisfaite, sereine, pas torturée?

Chère M pour qui j’écris ces mots, d’une certaine manière, me dire que je suis cultivée (tandis que toi, hein, tu « ne sais rien »), c’est me mettre face à  cette angoisse terrible: suis-je, alors, comme ces imbéciles qui l’étalent, ces cuistres qu’on rencontre partout et dont le seul et l’unique souci, c’est l’épate? Tu sens, tu sais qu’ils parlent pour soigner la belle image qu’ils veulent donner d’eux-mêmes, ils se gargarisent de leur culture. Ce sont des mots, mais pas une parole qui s’adresse à l’autre, c’est profondément et radicalement narcissique.  Je déteste la culture lorsqu’elle devient l’outil pour briller en société. Il faut savoir que moi, en société, je ne brille pas, parce que je suis assez taciturne.

J’ai besoin des livres, non pas pour en parler et me former une image de moi séduisante, à renvoyer aux autres. Pour vivre, pour m’élever au-dessus de la bêtise qui est tellement omniprésente, rôdeuse, agressive, qu’elle en devient toxique et dangereuse (contagieuse??).

Ce n’est pas que je sois dans le refus d’en parler, de mes lectures. Au contraire, j’aimerais bien pouvoir le faire, échanger simplement, sans orgueil ni snobisme, sans que l’un ou l’autre ait peur de dire « ah ben non, Madame Bovary, je ne l’ai pas lu », ou  « je ne me rappelle plus, black-out » (moi ça m’arrive, même avec des livres lus récemment) En parler donc en toute sincérité, si possible pas lors d’un dîner mondain. J’avais un collègue de philo sympa, Charles, avec qui tout était passionnant. On partait du plat de lentilles de la cantine et on arrivait à la métaphysique, en passant par les lois de l’hérédité….

 Les citations: pas de méprise, là non plus. Ma démarche est profondément humble. Je n’arrive pas à dire une chose, alors je choisis de faire parler Montaigne, Proust, Orwell, Rousseau, Garcia Lorca. Comment pourrais-je même tenter d’approcher cette perfection qu’ils ont atteinte? Mais aussitôt, je tombe dans le travers que je reproche aux…idolâtres d’eux-mêmes.

J’ai fini par concevoir une défiance terrible à l’égard de beaucoup de discours intellectuels et de discours tout court. Raison pour laquelle, aussi, faire de la recherche à la fac m’a toujours paru aussi vain (remplir des pages de métatexte et de paratexte, alors que l’oeuvre se suffit à elle-même et n’a pas besoin de cette boursouflure qu’est le commentaire – oui, je sais, je passe ma vie à ça, mais justement, je sais de quoi je parle).

C’est pour cela que ça, ça me fait rire, cette petite page sur laquelle je suis tombée :

je cite:

http://www.facebook.com/group.php?gid=37615535755

Nom :
Pour tous ceux qui adorent dire des phrases n’ayant aucun sens
Catégorie :
Juste pour le plaisirComplètement inutile
Description :
« La métaphore pré-nuptiale n’est finalement que le reflet symbolique d’une ménopause psycho-rigide de l’époque mérovingienne. »
Pour ceux qui écrivent ce genre de phrase et, qui malgré l’incompréhension des autres, continuent de défendre leur imagination débordante en écrivant de tout aussi jolies nouvelles phrases.
Laissez infuser votre imagination et débiter des phrases que les autres vont essayer de comprendre pour paraitre cultivés alors que vous savez pertinemment qu’elles ne veulent absolument rien dire.
En gros c’est la « Ouaichtchougo attitude »

 

Fin de citation. Je sens que rédiger ce genre de phrases absurdes -mais pas tellement éloignées des verbeux et pompeux travaux universitaires-cela va bien m’amuser…

La pire des choses qui pourrait m’arriver serait qu’on me laisse dans cette prison. Que cette culture construite ou conquise à force de lectures solitaires finisse par faire écran entre moi et les autres (enfin, certains, certaines), j’y vois la plus cruelle aberration, l’ironie la plus absurde.

Car lorsque je m’écarte des autres pour lire, c’est pour me rapprocher d’eux.

Je veux qu’Huxley ait tort. Je n’ai aucune intention ni d’impressionner ni de dominer qui que ce soit, encore moins de m’isoler.




Réalisme

26012010

Réalisme: Art de dépeindre la nature telle qu’elle est vue par les crapauds. Charme qui ressort d’un paysage peint par une taupe, ou d’une histoire écrite par un asticot. Ambrose Bierce Le dictionnaire du diable.

C’est désopilant ! Et fort injuste, outre que méchant. Mais c’est tout Ambrose Bierce, ça! Un écrivain obscur (mais lumineux!), obscur parce que fort peu lu. Je viens de le découvrir. Il faut que je le lise en anglais. C’est quelqu’un qui en a bavé, vraiment, et à qui l’on doit ce genre de  petites phrases assassines: Politesse: la forme la plus acceptable de l’hypocrisie. Ou: Patience : forme mineure de désespoir, déguisée en vertu.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Ambrose_Bierce




And the world can fall !

1122009

Image de prévisualisation YouTube

Voilà mon spot publicitaire préféré ! Il était diffusé lorsque j’étais petite (pas très précis comme indication!) et j’en ai gardé un souvenir très vivace. Je m’efforce de réagir dans la vie comme cet impassible gourmet.




En panne…

7112009

Que m’arrive-t-il ?!! Quelque chose que je n’ai jamais connu: je n’arrive plus à lire. Je ne compte plus les livres commencés et pas terminés ces derniers temps, parce qu’il y a de tels parasites, un tel brouillage pendant que je m’efforce de lire, que cela m’empêche tout simplement d’avancer. Je crois être en train de lire et quelques pages plus loin je suis bien forcée de constater que c’est vers autre chose que mes pensées ont erré lamentablement, sans vouloir se fixer sur l’histoire. Faut-il incriminer la mauvaise qualité des livres, leur difficulté ? Pour certains: affronter Ulysse de Joyce ce n’est pas rien, ni Au-dessous du volcan de Malcolm Lowry (l’auteur lui-même dans sa préface avertit qu’il pourrait s’agir d’un livre « assommant »); mais pour les autres, je ne m’en prends qu’à moi-même. Alors tant pis, pour quelque temps, pas de chroniques littéraires sur ce blog. Parmi les droits imprescriptibles du lecteur, il y a aussi celui de ne pas lire, non ? Actuellement je lis tout de même (car je m’obstine!), du moins je commence Méditerrannée de Fernand Braudel, son fameux essai. Et puis en anglais A mercy de Toni Morrisson (trad fr. Un don). On verra si je reviens en parler.

 




Je m’inquiète…

5112009

Mon inconscient doit avoir des choses à se reprocher! Il se signale par d’amusantes (ou inquiétantes) méprises, ce que l’on pourrait appeler des lapsus de lecture: en lieu et place d’une chose très anodine, vous lisez tout autre chose de fort suprenant, ou vous entendez des propos choquants. Voici quelques exemples qui me sont arrivés au cours de ces derniers jours.

Ce que j’ai lu / ce qui était écrit en réalité:

 Nancy torture / nancy toiture

L’empire des dettes / l’empire des lettres (oui ben là je sais pourquoi!)

Faites-vous retrousser sans délai / Faites-vous rembourser sans délai

Ce que j’ai entendu / ce que l’on m’a dit:

On est des anges pervers / On est des gangsters verts (car mes fils portaient tous deux un pull vert)

Surveille la lame du fou ! / Surveille l’alarme du four !

…plus un autre qui m’échappe mais qui m’avait fait pas mal sursauter…

C’est grave docteur?

 




Pour ma mère

2082009

Ce poème que Charles Baudelaire écrivit pour sa servante, dans une veine à la fois naïve, tendre et atroce, me fait chaque fois penser douloureusement à ma mère, qui nous a quittés le deux août 1996, et sur la tombe de qui nous n’allons que rarement, happés que nous sommes par…la vie, son tourbillon, notre salutaire égoïsme, notre besoin d’oubli, notre peur du néant.

La servante au grand coeur dont vous étiez jalouse,
Et qui dort son sommeil sous une humble pelouse,
Nous devrions pourtant lui porter quelques fleurs.
Les morts, les pauvres morts, ont de grandes douleurs,
Et quand octobre souffle, émondeur des vieux arbres,
Son vent mélancolique à l’entour de leurs marbres,
Certes, ils doivent trouver les vivants bien ingrats,
A dormir, comme ils font, chaudement dans leurs draps,
Tandis que, dévorés de noires songeries,
Sans compagnon de lit, sans bonnes causeries,
Vieux squelettes gelés travaillés par le ver,
Ils sentent s’égoutter les neiges de l’hiver
Et le siècle couler, sans qu’amis ni famille
Remplacent les lambeaux qui pendent à leur grille.
Lorsque la bûche siffle et chante, si le soir,
Calme, dans le fauteuil je la voyais s’asseoir,
Si, par une nuit bleue et froide de décembre,
Je la trouvais tapie en un coin de ma chambre,
Grave, et venant du fond de son lit éternel
Couver l’enfant grandi de son oeil maternel,
Que pourrais-je répondre à cette âme pieuse,
Voyant tomber des pleurs de sa paupière creuse?
http://www.deezer.com/listen-2425735




Alors je dessine

20062009

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