Amoureux de l’amour

30 09 2011

J’ai trouvé dans  Adolphe un passage qui montre ce que peut être l’auto-persuasion ou auto-suggestion amoureuse. D’abord, Adolphe, comme je le disais, décide de tomber amoureux, il n’est pas pris dans les rets d’une femme, il n’est pas brutalement et miraculeusement tombé dans l’enchantement, non. Il ne sait pas quoi faire, le pauvre. C’est même comme s’il se disait au milieu d’un bâillement colossal  » Dieu que je m’ennuie, et si je me tapais une petite femme? » Je fais exprès de rendre la chose triviale, mais lisez l’original et dites-moi si ce n’est pas ça en substance:

« Tourmenté d’une émotion vague, je veux être aimé, me disais-je, et je regardais autour de moi; je ne voyais personne qui m’inspirât de l’amour, personne qui me parût susceptible d’en prendre… » Heureusement, il trouve Ellénore, une femme ordinaire mais agitée de passions complexes, fougueuse et inattendue:  »on l’examinait avec intérêt et curiosité comme un bel orage ». p 45.

« Ellénore me parut une conquête digne de moi ». Ben si c’est pas du machisme et de l’orgueil, mazette!

Ce que je trouve passionnant, c’est ce passage dans lequel il rédige une lettre à son intention: « les combats que j’avais livrés longtemps à mon propre caractère, l’impatience que j’éprouvais de n’avoir pu le surmonter, mon incertitude sur le succès de ma tentative, jetèrent dans ma lettre une agitation qui ressemblait fort à l’amour. Echauffé d’ailleurs que j’étais par mon propre style, je ressentais, en finissant d’écrire, un peu de la passion que j’avais cherché à exprimer avec toute la force possible. » p 48

C’est comme de dire « Mettez-vous à genoux, priez et vous finirez par croire! * », là on pourrait dire « écrivez des mots d’amour et vous brûlerez d’une ardente flamme! ».

 Et là, forcément, l’italianiste que je suis pense à Paolo et Francesca !! Vous connaissez l’histoire de Paolo et Francesca, dans la Divine Comédie de Dante? (voir message suivant sinon ça va être fouillis!).

Encore dans Adolphe: « Nous sommes des créatures tellement mobiles, que les sentiments que nous feignons, nous finissons par les éprouver. Les chagrins que je cachais, je les oubliais en partie. Mes plaisanteries perpétuelles dissipaient ma propre mélancolie; et les assurances de tendresse dont j’entretenais Ellénore répandaient dans mon coeur une émotion douce qui ressemblait presque à l’amour. »    p 79

 

* je crois que c’est ce mécréant de G. Brassens qui a dit cela, en parlant à sa façon narquoise du pari pascalien.


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