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Claude Lévi-Strauss

20102010

En kiosque actuellement,  ce hors-série du Monde: Claude Lévi-Strauss, l’esprit des mythes.

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« Claude Lévi-Strauss, anthropologue méfiant envers les philosophes, excepté Montaigne et Rousseau dont il se réclame constamment, accomplit un travail transdisciplinaire. Il est l’un des pères du structuralisme, dont l’influence rayonne durablement dans les sciences humaines, en littérature et en psychanalyse. 

Il élabore une théorie globale des interactions entre le symbolique, le corps et le groupe avant d’étudier la pensée sauvage, à l’œuvre dans les systèmes logiques et classificatoires des peuples autochtones et des sociétés occidentales, et dans le vaste ensemble des mythes des indiens d’Amérique du Sud et du Nord. 

Claude Lévi-Strauss a bâti son travail en opposition à la vision ethnocentrique des civilisations véhiculée par la philosophie marxiste de l’histoire, et combattu vigoureusement l’idée selon laquelle les sociétés primitives auraient plus à voir avec la nature qu’avec la culture. 

En évoquant «la difficulté croissante de vivre ensemble», l’anthropologue a anticipé la montée du péril écologique. La pression de la population exerce des ravages sur la biodiversité. Et peut-être la pression démographique pousse-t-elle l’humanité «à se haïr elle-même», ajoutait-il. » 

Source : La Presse canadienne, 4 novembre 2009

 

  




La grosse méchante

19102010

 Je crois qu’on a tous gardé le souvenir d’un ou d’une sur qui nos terreurs d’enfant se cristallisaient et en qui nous voyions le gros méchant ou la grosse méchante, un personnage laid à hanter vos nuits ou du moins qui nous paraissait tel. Lorsque je revenais de l’école primaire, je tombais parfois sur une très très vieille dame dont on disait qu’elle était centenaire, ce que je crois volontiers tant elle me paraissait momifiée, d’une vieillesse quasiment biblique. Postée sur le trottoir (elle tenait encore bien debout, avec sa canne!), son plaisir était de nous voir passer, nous les gamins du village, comme un essaim joyeux et désordonné, mais parfois elle arrêtait notre course pour nous quémander un bisou. Je me souviens que j’étais terrorisée à cette idée de devoir approcher son visage parcheminé, sa bouche édentée esquissant un tendre sourire qui me paraissait un rictus, son menton hérissé de quelques poils drus. Je le faisais de mauvaise grâce, parce qu’elle était gentille. Nous étions une bouffée d’insouciance, de gaieté dans sa vie immobile, probablement. Mais pour moi ce baiser c’était un peu, je n’exagère pas en disant cela, comme embrasser une créature d’outre-tombe. Vite, je repartais en courant! Vers la vie…

Ce qui me paraît étrange, c’est que malgré mes sept ou huit ans, je voyais en cette faucheuse postée au bord de la route, déjà, comme un avertissement funèbre. Celui de notre finitude. Je ne crois pas qu’il s’agisse d’une reconstruction du passé par l’adulte que je suis. C’était la Mort souriant gentiment au bord du chemin.

Le grand méchant cauchemardesque, c’est un autre monsieur, dans le hameau de ma grand-mère: « Le Jean ». Pauvre ogre de campagne qui s’amusait à nous faire peur avec des grimaces et des apparitions soudaines de sa grosse figure stupide, dans l’encadré de la porte de l’écurie. « BOUH ! » Et nous de crier, forcément. En fait je ne sais plus si nous avions réellement peur ou si nous faisions semblant tant ce théâtre était rituel. Nous recherchions, je crois, le plaisir de la peur.

J’ai beaucoup aimé ce texte de  l’écrivain martiniquais Raphaël Confiant, et sa langue savoureuse, nouvelle,  dont la  »créolitude » fait le charme, mais ce n’est pas seulement parce qu’elle est créole. Raphaël Confiant est un grand poète. Ravines du devant-jour est le premier de ses  livres que je lis, et je suis subjuguée. Le premier d’une belle série, donc.

Notre voisine Hermancia ( Man Cia pour ses ennemis intimes) est d’une mauvaiseté rare. On l’a toujours connue ensouchée dans une solitude pleine de défi, une pipe en terre à la bouche, le regard insolent et le verbe dévastateur. Certains la soupçonnent de s’adonner aux maléfices du quimbois pour la bonne raison qu’elle connaît les uages des plantes le plus insolites et surtout qu’elle a pouvoir de distinguer des présages dans l’envolée subite d’une grappe d’oiseaux-cayali ou dans le changement de couleur des nuages. Man Yise prétend qu’elle refuse de soigner l’éléphantiasis qui lui enfle les deux jambes, exprès pour impressionner le monde.

Pour de bon, son pas lourd déclenche en toi une terreur irrépressible. Si tu joues dans le chemin de roches, te voilà figé, feignant d’être absorbé par quelque petite bête à même le sol. Ou tu t’enfuis à la vitesse du mèche, ton coeur chamadant à te déchirer la poitrine. Man Cia s’esclaffe: «  Ou pè mwen ! Ha-ha-ha! » ( Tu as peur de moi! Ha -ha-ha!)

Longtemps, tu l’as entendue des après-midi entières serinant les mêmes comptines et tu as cru qu’elle cachait un bébé dans les ténèbres de sa chambre: « dodo fillette, sainte Elisabeth, si tu ne veux pas dodo, le gros diable va te manger« . Sa voix, empreinte d’une incroyable doucine, te fige sur place et tu te surprends à l’écouter des heures et des heures, refusant d’aller à la pêche aux écrevisses-zabitan avec les autres petis bonshommes. Comment une négresse si grosse, si bleue, si laide, si mauvaise en âme peut-elle dispenser un chant si plein de tendreté?

Raphaël Confiant, Ravines du Devant-jour, Gallimard. coll. Haute Enfance




8102010

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Objets pas inanimés

1102010

« Objets inanimés, avez-vous donc une âme, qui s’attache à notre âme et la force d’aimer? » Alphonse de Lamartine.

Les objets fabriqués par Ivo Oblijan en ont, une âme. Regardez!

www.oblianelli.com

 




Paf!!

1102010

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Papier Canson format A3







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