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Il canto è una carezza

9022010

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Une chanson de Lucilla GALEAZZI écrite pour un ami victime d’un attentat terroriste en 1980.

Per Sergio Perché il vento oramai  Non ti sfiora più i capelli 

Per i tuoi occhi belli  Per te amico, canterò Per i tuoi giorni spezzati 

Nel bel mezzo della vita  Per i tuoi figli non nati Per te amico canterò 

Canterò….  Anche con la gola stretta Dalla pena io canterò  Perché il canto è una carezza 

E con la voce t’accarezzerò  Per il tuo parlare allegro  Per la tua pelle leggera 

Con la mia voce sincera  Per te amico io canterò Per il sole che hai cercato  E che era il sole mio 

Ma il fantasma del teatro  Era un assassino Canterò…. 

Anche con la gola stretta  Dalla pena io canterò Perché il canto è una carezza  E con la voce t’accarezzerò 

Contro quelle mani cieche Contro quella bomba nera  Che ha svuota vite piene 

D’ansia di primavera  Canterò…  Anche con la gola stretta 

Dalla pena io canterò  Perché il canto è una carezza E con la voce t’accarezzerò 




Tetro, triste et lumineux

9022010

tetro2.jpg

Tetro, le nouveau film de Francis Ford Coppola, est une œuvre crépusculaire et d’une beauté poignante, aux accents shakespeariens. C’est un film sur la création, sur la séduction de la gloire, sur la rivalité, la rivalité entre frères (deux frères musiciens renommés) et la rivalité entre père et fils (rivalité artistique et amoureuse). C’est aussi un film qui parle du pouvoir d’évocation du théâtre, et du pouvoir de l’écriture, parallèlement. Il y a donc plein de théâtralité, à la fois dans la mise en scène et dans la mise en abyme d’une pièce. Le personnage central, Tetro, écrit en effet une pièce de théâtre sur sa propre vie, une pièce qu’il ne veut pas livrer au public pour deux raisons: d’abord parce qu’il méprise la renommée, la gloire, sachant quelle sirène dangereuse elle est, ensuite parce que ce texte dévoile les démons familiaux, tout ce qui reste enfoui dans l’inconscient familial. Il camoufle cette pièce dans une vieille valise et enfouit ces écrits qui appartiennent au passé. Dans Hamlet, la pièce jouée par les comédiens à la demande du prince du Danemark sert aussi de révélateur, de catharsis accusatrice : on revêt les masques de l’acteur pour, paradoxalement, dire « bas les masques », pour révéler et rejeter les faux-semblants, et ce qui advient sur scène est plus vrai que la comédie des vivants qui se joue dans la vraie vie. De même, cette pièce écrite puis reniée par Tetro sera jouée sur scène publiquement à la fin, et fera office de révélation publique, de véritable coup de théâtre.

Le père de Tetro, Carlo Tetroccini (interprété par Klaus Maria Brandauer), est une sorte de monstre narcissique. Chef d’orchestre génial et patriarche tyrannique avec les siens, il est l’ogre qui étouffe son propre fils pour ne pas se voir voler la vedette, pour exister au-dessus de lui, avant lui, après lui, et qui piétine aussi son propre frère également musicien, ne lui laisse pas d’espace pour exister. L’affirmation artistique ne peut se faire qu’au prix d’une concurrence à mort. Il ne peut y avoir de place que pour un seul génie dans une famille, assène ce père castrateur à son fils.  Pas de plus belle façon de lui couper les ailes, à ce fils qui aspire à devenir un grand écrivain. C’est pourquoi ce dernier renonce à son nom, Angelo, ange, et prend la fuite. Son père lui prend son audace, et par conséquent lui ôte la parole, mais leur rivalité se place aussi sur le plan amoureux.  Le fils qui ne peut vivre à l’ombre démesurée de ce père est un ange déchu (ailes brisées) et qui plus est estropié, la jambe plâtrée, infirme et taciturne (tous ses mots sont enfermés dans la valise). Il rejette donc tout son passé, toute sa famille et renaît à Buenos Aires sous le nom de Tetro. Tetro c’est Tetroccini amputé d’une moitié, et ça veut dire ‘triste’, ‘sombre’, ‘maussade’ en italien.

Tout le film est en noir et blanc, ce qui lui donne un certain charme désuet, intemporel même. Le noir et blanc accentue le côté expressionniste de la mise en scène. Les flash-back sont en couleur, mais cette inversion n’est pas un jeu : le présent est le temps du flou, de l’indistinct, un présent ‘tetro’, alors que le passé est ce qui reste vivace et coloré parce que traumatique, dans les tons orangés et rouges, éclairés d’une lumière violente. 

A Buenos Aires, Tetro vit avec une danseuse qui l’a recueilli dans un hôpital psychiatrique et qui, à sa façon à elle, lui a donné la parole. Le premier personnage de l’histoire est le jeune Bennie, son frère de 18 ans à peine, marin sans vocation qui vient le retrouver, plein de vénération pour ce frère distant et plein de questions aussi à lui soumettre -un frère incapable de lui donner même ce nom de ‘frère’ qu’il revendique, qu’il implore presque. (Aldenreich qui joue le rôle de Bennie est un garçon qui a de Di Caprio le visage poupin et de Brando jeune le sourire enjôleur). La scène de l’arrivée de Bennie au domicile de son frère est très théâtrale  (mais il y aurait tellement de scènes à décrire de la sorte): le frère aîné apparaît, ou plutôt n’apparaît pas, mais reste comme une ombre inquiétante derrière une porte au verre dépoli. Sa présence se manifeste par cette ombre et par le mouvement de la poignée de porte qu’il heurte impatiemment. Plusieurs fois le garçon se relève et arrange sa mise, espérant voir surgir enfin ce demi-dieu bien capricieux. Son attente sera déçue. Il ne paraîtra-n’apparaîtra que le jour suivant.

Bennie va forcer Tetro à émerger de son silence, de cet engourdissement, à révéler qui il est, qui il est en tant qu’artiste et aussi en tant qu’homme. Pour cela il va momentanément se substituer à lui, et on a alors une confusion de trois personnages, les trois hommes de cette même lignée Tetroccini. Chacun va se (re)définir par rapport à l’autre, et aussi par rapport à une femme. Les liens s’entremêlent, et c’est un jeu de miroirs : le miroir dont Bennie va se servir pour déchiffrer le manuscrit codé de Tetro, ces feuillets qui ne peuvent être lus qu’à l’envers- procédé qu’utilisait Léonard de Vinci, le génie universel, dans ses carnets- Bennie surgit pour redonner sa place à cet écrivain maudit, et pour remettre tout à l’endroit, son texte, sa vie. En ne se doutant pas que c’est sa propre vie à lui qu’il décrypte et éclaire ainsi.

 . tetro.jpg  Une image qui m’a marquée : les glaciers de Patagonie reflétés dans les yeux de Tetro, leur éclat aveuglant dans son regard perdu.




Le visage de la folie

7022010

Gianni Berengo Gardin est un photographe né en Ligurie en 1930. Ses photos sont des reportages, des témoignages sur la société, des prises de position, si bien qu’il affirme « Faire de la photographie c’est faire de la politique ».

Avec d’autres photographes tels que Luciano d’Alessandro, il a photographié des fous dans un asile d’aliénés, des photos très dérangeantes et cependant très belles. Je renvoie à une page consacrée à ce travail : (Il VOLTO DELLA FOLLIA / Le visage de la folie)

http://www.photographers.it/articoli/ilvoltodellafollia.htm 

dalessandro.jpg

Manicomio Materdomini de Nocera Superiore (Salerno) 1965. D’Alessandro

Comment ne pas penser aussi  à cette  chanson récente de Simone Cristicchi: Ti regalerò una rosa.

Le clip a été tourné dans un asile désaffecté et la chanson parle des fous. Le texte est émouvant. Ce qui me chagrine, c’est le refrain, à mon sens raté, car il est insipide, mièvre et commercial !

Si vous êtes comme moi et détestez la chanson italienne sentimentale, prenez patience pendant le refrain, le reste n’est pas mal!

gv data=http://www.youtube.com/?v=jXhYn7NmG1s

Extraits (sans le refrain)

Mi chiamo Antonio e sono matto/ je m’appelle Antonio et je suis fou
Sono nato nel ’54 e vivo qui da quando ero bambino/
Je suis né en 54 et je vis ci depuis que je suis enfant
Credevo di parlare col demonio/
je croyais parler avec le démon
Così mi hanno chiuso quarant’anni dentro a un manicomio/
ainsi ils m’ont enfermé pendant 40 ans dans un asile de fous
Ti scrivo questa lettera perché non so parlare/
je t’écris cette lettre car je ne sais pas parler
Perdona la calligrafia da prima elementare/
pardonne la calligraphie de cours préparatoire
E mi stupisco se provo ancora un’emozione/
c’est bien étonnant que j’éprouve encore des émotions
Ma la colpa è della mano che non smette di tremare/ mais c’est à cause de ma main qui n’arrête pas de trembler

Io sono come un pianoforte con un tasto rotto/ Moi je suis comme un piano avec une touche cassée
L’accordo dissonante di un’orchestra di ubriachi/
l’accord dissonnant d’un orchestre d’ivrognes
E giorno e notte si assomigliano/
et le jour et la nuit se ressemblent
Nella poca luce che trafigge i vetri opachi/
dans la faible lumière qui transperce les vitres opaques
Me la faccio ancora sotto perché ho paura/
je fais encore sur moi parce que j’ai peur
Per la società dei sani siamo sempre stati spazzatura/
pour la société des gens sains nous avons toujours été l’ordure
Puzza di piscio e segatura/ l’odeur de la pisse et de la sciure
Questa è malattia mentale e non esiste cura/ c’est ça la maladie mentale, et c’est incurable

I matti sono punti di domanda senza frase/ Les fous sont des points d’interrogation sans phrase
Migliaia di astronavi che non tornano alla base/
des milliers d’astronefs qui ne retournent pas à la base
Sono dei pupazzi stesi ad asciugare al sole/
ce sont des poupées de chiffon étendues à sécher au soleil
I matti sono apostoli di un Dio che non li vuole/
les fous sont les apôtres d’un Dieu qui les repousse
Mi fabbrico la neve col polistirolo/ je me fabrique de la neige avec du polystirène
La mia patologia è che son rimasto solo/
ma pathologie c’est que je suis resté seul
Ora prendete un telescopio… misurate le distanze/
maintenant prenez un télescope..mesurez les distances
E guardate tra me e voi… chi è più pericoloso?/et regardez entre vous et moi…qui est le plus dangereux?




La gente

6022010

Photo de Gianni Berengo Gardin prise en 1960 à Venise, dans un vaporetto:

venezia1960vaporetto.jpg




Pauvre Rutebeuf

6022010

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Poème de Rutebeuf (c1230-c1285)   mis en musique par Léo Ferré. Version chantée par Joan Baez.*

Que sont mes amis devenus
Que j’avais de si près tenus
Et tant aimés
Ils ont été trop clairsemés
Je crois le vent les a ôtés
L’amour est morte
Ce sont amis que vent emporte
Et il ventait devant ma porte
Les emporta 

 Avec le temps qu’arbres défeuille
Quand il ne reste en branche feuille
Qui n’aille à terre
Avec pauvreté qui m’atterre
Qui de partout me fait la guerre
L »amour est morte
Ne convient pas que vous raconte
Comment je me suis mis à honte
En quelle manière 
Que sont mes amis devenus
Que j’avais de si près tenus
Et tant aimés
Ils ont été trop clairsemés
Je crois le vent les a ôtés
L »amour est morte
Ce sont amis que vent emporte
Et il ventait devant ma porte
Les emporta 

Pauvre sens et pauvre mémoire
M »a Dieu donné le roi de gloire
Et pauvre rente
Et droit au cul quand bise vente
Le vent me vient le vent m’évente
L’amour est morte
Le mal ne sait pas seul venir
Tout ce qui m’était à venir
M’est avenu
M’est avenu 







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