Masaniello, un pêcheur devenu roi du peuple

27 03 2009

Masaniello, un pêcheur devenu roi du peuple dans Chansons italiennes wma ocantoemasaniello.wma par le NEAPOLIS ENSEMBLE (voir lien ci-contre)

A lu tiempo de la malora

masaniello è nu piscatore,

piscatore nun le rincresce

masaniello se magna ‘nu pesce.

Vene subbeto o’ Viccerrè

chistu pesce spett’a mme

tutt’a mme e niente a tte

po’ si a tassa vuo’ pava’

chistu pesce t’o puo’ mpigna’.

A lu tiempo de la malora

Masaniello è nu piscatore. (au temps des malheurs, Masaniello  est un pêcheur, un pêcheur bien courageux. Masaniello mange un poisson et tout de suite arrive le Vice-roi, ce poisson me revient à moi, tout à moi et rien pour toi, mais si tu veux payer une taxe, ce poisson tu peux le donner en gage…)

Masaniello, de son vrai nom Tommaso Aniello, est un révolutionnaire napolitain.  Pêcheur né le 29 juin 1620 à Amalfi, en juillet 1647 il organise une révolte contre les receveurs des impôts. (Masaniello è nu piscatore) Il dirige la vindicte populaire et au cri de « Viva il re di Spagna, abbasso il malgoverno »,  les pavillons d’octroi sont mis à sac et les registres de ces injustes gabelles sont livrés aux flammes. C’est donc une révolte qui n’est pas anti-espagnole et nationaliste, mais simplement une insurrection populaire exacerbée par l’augmentation du prix des denrées alimentaires, le pain, les fruits.  Symbole de ces revendications, les émeutiers traînent dans Naples des piques où ils ont fiché des pains (Masaniello se veste a bannera). Et puis il y a la « prepotenza » de la noblesse, son abus de pouvoir contre un peuple affamé (Tutt’a mme e niente a tte, dit le Vice-roi dans la chanson) Alors la fureur s’empare de Masaniello (Masaniello se veste a lione) Les affamés-opprimés-enragés font alors ouvrir les prisons, saccagent les plus beaux palais de la noblesse napolitaine, assiègent puis dévastent les appartements du vice-roi espagnol. Ce dernier part se réfugier au château de Sant’Elmo mais il est contraint de revenir à Naples et à se soumettre désormais à la volonté de Masaniello. Un comité révolutionnaire est institué dans l’église du Carmine. On cherche à donner à cette insurrection une légitimité. Une nouvelle constitution est promulguée et Masaniello, après plusieurs tentatives de corruption  de la part de la Cour d’Espagne, est nommé par le vice-roi lui-même Capitaine du très fidèle peuple napolitain, Capitano genereale del fedelissimo popolo..( Masaniello o ‘vestono argiento)

masaniello.jpg Un portrait gracieux par  Ernesto Tataforte

Mais, grisé par le pouvoir et étourdi par sa bonne fortune, Masaniello devient arrogant. Sensible à la flagornerie, il n’en revient pas que le vice-roi en personne lui dise qu’ils sont égaux tous deux (simmo eguale io e te), et se berce de l’illusion de voir aboli le fossé qui les séparait. Il est passé…de l’autre côté ! C’est bien étonnant, ou bien non, pas étonnant du tout, finalement, ce revirement, cette trahison de ses premiers idéaux populaires. Masaniello perd la tête et devient même cruel; le guide du peuple se fait tyran, prévaricateur, il se livre à des exactions, à des massacres. On dit même qu’il sombra dans la folie (une folie peut-être provoquée par quelque poison, selon quelques rumeurs. Masaniello è bestuto da pazzo) A peine neuf jours après le début des émeutes, l’histoire tourne au tragique. Il est trahi par les siens et sauvagement assassiné par des émissaires du vice-roi le 16 juillet 1647. Son corps décapité est livré en pâture aux chiens (Masaniello è bestuto da muorto)

Mais à Naples le feu révolutionnaire n’est pas éteint, il couve encore…

La chanson ‘o cunto ‘e Masaniello raconte fidèlement et avec un magnifique crescendo dramatique sa trajectoire de comète  « dalle stalle alle stelle »  sa rapide déchéance, sa valeur de mythe de la résistance. Pauvreté, révolte, popularité, ambition, folie du pouvoir, trahison, mort… Je l’ai étudiée avec des élèves de lycée, qui l’ont trouvée très intéressante et qui n’ont pas manqué de faire de judicieux rapprochements avec des événements et des problèmes actuels (tiempo de turmiente, intrallazze, magouilles, malgoverno…)

 Sa vie aventureuse a inspiré des opéras : Masaniello furioso par Keiser en 1706. / Masaniello ou le pêcheur napolitain, par Carafa. Charles Ribeyrolle a écrit les Compagnons de la mort, révolte de Masaniello en 1647. Paris. F Sartorius 1863. 

J.N Schifano a écrit La danse des ardents ou la vie de Masaniello

 En italien : http://www.ilportaledelsud.org/masaniello.htm


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