Clio, muse de l’histoire

29032009

cliopalmassimo.jpg

Mosaïque de l’époque sévérienne (Règne de Septime Sévère 193-211), Rome , Palazzo Massimo. Ce palais (palazzo Massimo alle Terme ) est un édifice du  XIXème siècle situé près des Thermes de Dioclétien.  Il abrite une partie des collections du  Musée national de Rome.

Clio est la muse de l’Histoire, qui chante le passé des hommes et des cités. Elle  est donc souvent représentée avec une tablette et un stylet ou avec un livre, un parchemin.

 Mais moi j’imagine que Clio fait sa liste de courses…(en latin…de cuisine!!!)

Elencus empletta:

In tabernula quaero : pullum, oliva condita, piper, origanum, caseoli, quos iuncea fiscina siccat, autumnali cerea pruna die, castaneaeque nuces et suave rubentia mala* et vino tantum, melle, ova quinque, sinape modicum, africani dactylos, oblonga pasta vermiculatae * optima lasagna et pizza neapolitae, gemma multae, et maxime unguenti versaci shampouinusque lorealum (quod valeo bene!)

* de petits fromages séchés sur une claie de jonc, des prunes blondes de la saison d’automne, des chataîgnes et des noix et des pommes qui tendrement rougissent 

* autrement dit des spaghetti.




Masaniello, un pêcheur devenu roi du peuple

27032009

Masaniello, un pêcheur devenu roi du peuple dans Chansons italiennes wma ocantoemasaniello.wma par le NEAPOLIS ENSEMBLE (voir lien ci-contre)

A lu tiempo de la malora

masaniello è nu piscatore,

piscatore nun le rincresce

masaniello se magna ‘nu pesce.

Vene subbeto o’ Viccerrè

chistu pesce spett’a mme

tutt’a mme e niente a tte

po’ si a tassa vuo’ pava’

chistu pesce t’o puo’ mpigna’.

A lu tiempo de la malora

Masaniello è nu piscatore. (au temps des malheurs, Masaniello  est un pêcheur, un pêcheur bien courageux. Masaniello mange un poisson et tout de suite arrive le Vice-roi, ce poisson me revient à moi, tout à moi et rien pour toi, mais si tu veux payer une taxe, ce poisson tu peux le donner en gage…)

Masaniello, de son vrai nom Tommaso Aniello, est un révolutionnaire napolitain.  Pêcheur né le 29 juin 1620 à Amalfi, en juillet 1647 il organise une révolte contre les receveurs des impôts. (Masaniello è nu piscatore) Il dirige la vindicte populaire et au cri de « Viva il re di Spagna, abbasso il malgoverno »,  les pavillons d’octroi sont mis à sac et les registres de ces injustes gabelles sont livrés aux flammes. C’est donc une révolte qui n’est pas anti-espagnole et nationaliste, mais simplement une insurrection populaire exacerbée par l’augmentation du prix des denrées alimentaires, le pain, les fruits.  Symbole de ces revendications, les émeutiers traînent dans Naples des piques où ils ont fiché des pains (Masaniello se veste a bannera). Et puis il y a la « prepotenza » de la noblesse, son abus de pouvoir contre un peuple affamé (Tutt’a mme e niente a tte, dit le Vice-roi dans la chanson) Alors la fureur s’empare de Masaniello (Masaniello se veste a lione) Les affamés-opprimés-enragés font alors ouvrir les prisons, saccagent les plus beaux palais de la noblesse napolitaine, assiègent puis dévastent les appartements du vice-roi espagnol. Ce dernier part se réfugier au château de Sant’Elmo mais il est contraint de revenir à Naples et à se soumettre désormais à la volonté de Masaniello. Un comité révolutionnaire est institué dans l’église du Carmine. On cherche à donner à cette insurrection une légitimité. Une nouvelle constitution est promulguée et Masaniello, après plusieurs tentatives de corruption  de la part de la Cour d’Espagne, est nommé par le vice-roi lui-même Capitaine du très fidèle peuple napolitain, Capitano genereale del fedelissimo popolo..( Masaniello o ‘vestono argiento)

masaniello.jpg Un portrait gracieux par  Ernesto Tataforte

Mais, grisé par le pouvoir et étourdi par sa bonne fortune, Masaniello devient arrogant. Sensible à la flagornerie, il n’en revient pas que le vice-roi en personne lui dise qu’ils sont égaux tous deux (simmo eguale io e te), et se berce de l’illusion de voir aboli le fossé qui les séparait. Il est passé…de l’autre côté ! C’est bien étonnant, ou bien non, pas étonnant du tout, finalement, ce revirement, cette trahison de ses premiers idéaux populaires. Masaniello perd la tête et devient même cruel; le guide du peuple se fait tyran, prévaricateur, il se livre à des exactions, à des massacres. On dit même qu’il sombra dans la folie (une folie peut-être provoquée par quelque poison, selon quelques rumeurs. Masaniello è bestuto da pazzo) A peine neuf jours après le début des émeutes, l’histoire tourne au tragique. Il est trahi par les siens et sauvagement assassiné par des émissaires du vice-roi le 16 juillet 1647. Son corps décapité est livré en pâture aux chiens (Masaniello è bestuto da muorto)

Mais à Naples le feu révolutionnaire n’est pas éteint, il couve encore…

La chanson ‘o cunto ‘e Masaniello raconte fidèlement et avec un magnifique crescendo dramatique sa trajectoire de comète  « dalle stalle alle stelle »  sa rapide déchéance, sa valeur de mythe de la résistance. Pauvreté, révolte, popularité, ambition, folie du pouvoir, trahison, mort… Je l’ai étudiée avec des élèves de lycée, qui l’ont trouvée très intéressante et qui n’ont pas manqué de faire de judicieux rapprochements avec des événements et des problèmes actuels (tiempo de turmiente, intrallazze, magouilles, malgoverno…)

 Sa vie aventureuse a inspiré des opéras : Masaniello furioso par Keiser en 1706. / Masaniello ou le pêcheur napolitain, par Carafa. Charles Ribeyrolle a écrit les Compagnons de la mort, révolte de Masaniello en 1647. Paris. F Sartorius 1863. 

J.N Schifano a écrit La danse des ardents ou la vie de Masaniello

 En italien : http://www.ilportaledelsud.org/masaniello.htm




Statuette de la déesse Lakshmi

25032009

laksmi.jpg

Un petit jeu : faire parler les oeuvres d’art en m’autorisant une entière liberté vis-à-vis de la réalité historique, au gré de ma seule fantaisie. Voici une statuette trouvée parmi les vestiges de Pompéi, dans une maison via dell’Abbondanza. Elle se trouve au musée archéologique de Naples. Elle parle non en tant que déesse mais en tant que danseuse indienne à Pompéi (une sorte de strip-teaseuse pour patriciens oisifs).

Sur mes seins arrondis, arrogants tumuli, le clinquant de mes colliers d’or et d’ambre. Je les fais tressauter au son des tambourins endiablés. Mon sourire : rangée de perles nacrées dans la coquille de mes lèvres. Mes yeux : papillons noirs que la lumière fascine. Sous ma ceinture de paille et de lanières un mont bien charnu, beau fruit défendu.

Mes longs cheveux tressés : deux pythons indomptables et leur venin d’oubli. Mes mains multipliées répandent les bienfaits tandis que s’enroulent sur mes jambes élastiques les rubans de la concupiscence.

Je danse sous vos yeux affolés. Et l’on me dit esclave

Statuette de la déesse Lakshmi dans Arts wma cavalcandoconuncavaliereaccorto.wma Ce morceau de musique du XIV ème siécle (compositeur: un dénommé Mastro Piero, sur qui je n’ai guère d’informations  pour l’instant) est joué par les Ménestreux de la Branche Rouge (voir lien), un groupe spécialisé dans les musiques médiévales et Renaissance. Son titre: Cavalcando con un cavaliere accorto. Tant pis pour l’anachronisme: un peu dur de trouver des musiques de l’Antiquité! Mais je le trouve relatif cet anachronisme: j’imagine quand même cette belle indienne dansant sur cette merveilleuse musique…

Dans l’hindouisme, Lakshmi (ou Mahalakshmi) est la déesse de la fortune et de la prospérité, ou de l’abondance. Epouse de Vishnu, elle se réfugia dans la mer de lait lorsque les Dieux l’eurent exilée. Elle renaît lors du barattage de la mer de lait. C’est une bienfaitrice et l’or et les bijoux sont ses symboles. On la représente habituellement assise sur un lotus, avec quatre bras . Chacune de ses mains supérieures tient une fleur de  lotus, l’une de ses mains inférieures fait le geste du don et l’autre répand des pièces d’or. Le fait que l’on ait retrouvé cette statue à Pompéi atteste des contacts établis avec l’Inde, cet extrême Orient de l’Antiquité. Contacts noués probablement par l’entremise du monde héllénistique.

 




Inverno

25032009

Je voulais simplement publier mon album photo intitulé Hiver. Et puis je me suis dit que ce serait un peu sec. Alors j’ai décidé de l’illustrer d’ un poème. C’est un poème sur l’hiver qui est fini et c’est tant mieux, cela donne quelque chose qui n’est plus de saison et c’est tant pis. Il est en alexandrins, quel manque d’originalité! Prière de ne pas se moquer de cette tentative maladroite, j’ai fait tout mon possible pour éviter l’écueil de la nunucherie (pas sûr que j’y sois arrivée…). Par exemple je me suis interdit d’utiliser ces mots: neige/froid/vent.

L’hiver a pris le mors aux dents de ses arcades

jetées rythmiquement sur la route endormie

Sur les faubourgs bleutés il a traîné sa patte

Sous la croûte des jours il t’a ensevelie.

Ton cœur est tout gercé, ta parole engourdie

Tu n’aimes plus la terre où l’insecte est enfui

Et des remparts de givre étoufferaient tes cris

Si tu savais crier.

Sa maraude obstinée et ses nuits assiégeantes

Ont terni la lumière, assujetti la rage,

Contenu la fureur et fait croire au naufrage.

Mais apprivoise alors une joie plus nomade

Accroche-toi au bord des arbres échevelés

Caresse la guipure d’une étoile malade.

Prends-la tout contre toi. Ne la laisse pas filer.

Hiver
Album : Hiver

13 images
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Instructions pour lire Julio Cortázar:

24032009

Ne vous asseyez pas dans un fauteuil qui pourrait vous faire mourir. Grimpez les marches d’un escalier au ralenti. Si possible rue Humboldt. Si vous tombez sur l’ours des tuyauteries de l’immeuble et qu’il vous lèche le nez, soyez assuré que votre journée commencera sous les meilleurs auspices.  Procurez-vous un pose-tigre et une montre arrêtée à sept heures moins le quart. Ne la remontez pas sans pleurer pieusement en pensant au saxophone de Charlie Parker.  Puis mangez votre soupe à la sainte-façon à la table d’un Cronope (tant pis pour les miettes sur la nappe chiffonnée). Au bord de l’Autoroute du Sud, faites l’examen de toutes les heures indues de votre vie et, délicatement, précautionneusement,  tuez un autonaute que vous ajouterez à votre bestiaire. Dessinez une marelle pour sauter à cloche-pied par-dessus  la mort et prenez bien soin de tomber le nez par terre. Vous ferez partie des gagnants. C’est une façon de perdre.

[pastiche inspiré par la lecture du livre]

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Julio Cortázar est un écrivain argentin né en 1914 à Bruxelles. Il est mort en 1984 à Paris. Il a obtenu la nationalité française en 1981 en même temps que Milan Kundera. 

Historias de Cronopios y de famas. Histoires de Cronopes et de fameux, Folio Gallimard, 1988. trad. De Laure Guille-Bataillon




Basilique saint Nicolas à BARI

23032009

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La Basilique de Saint Nicolas a été construite entre  1089 et  1197 pendant la domination normande et quoique de style roman, à l’intérieur, des influences lombardes et toscanes se font sentir. Elle est absolument magnifique, imposante comme une forteresse. Elle abrite dans sa crypte les reliques de saint Nicolas qui ont été rapportées de Myre par des marins (rusés!) de Bari en mai 1087. Chaque année, début mai, de grandes cérémonies sont données pour célébrer ce que l’on appelle la translation des reliques. Pour un récit complet de cette aventure :

http://www.saintnicolaslorraine.eu/bari_et_les_translations.htm

 Site en italien sur la basilique: http://www.basilicasannicola.it 

Ce culte qui est commun aux Lorrains et aux habitants des Pouilles est un prétexte de plus pour sceller l’amitié qui lie les lycées de Commercy et Tricase…




INSULA DULCAMARA

22032009

INSULA DULCAMARA dans Chansons italiennes mp3 02filomena.mp3 1.0 dans Chansons italiennesLA MIA VITA SU PICCOLI AEREI

Le site de ce groupe napolitain : http://www.insuladulcamara.it

Leur collection d’affiches de concert est magnifique (IMMAGINI/ GRAFICA) , et il est possible d’écouter leur musique en streaming. Leurs albums sont disponibles à l’écoute également sur le site gratuit www.jamendo.com.

Je ne suis pas parvenue à insérer mes chansons préférées car elles semblent trop lourdes, alors à défaut j’ai pris Filomena, une petite ballade apaisante, mais dites-vous qu’il y en a de bien meilleures.

 




Le protocole compassionnel

20032009

Il giorno della memoria per dimenticare. Un article percutant et très documenté de Walter POZZI dans la revue bimestrielle PaginaUno. Ou comment l’Italie commémore pour mieux oublier….

Que l’on me pardonne de détourner ainsi le titre d’Hervé Guibert, mais je trouve qu’il s’applique très justement aux propos de l’article ci-dessous, qui commence ainsi…

« E così è trascorso anche il 27 gennaio, giorno della memoria. Non senza danni per la verità storica, purtroppo. I treni carichi di studenti sono regolarmente partiti verso i campi di concentramento, i giornali e le televisioni ne hanno parlato, documentari e film sulla Shoah hanno riempito i programmi commemorativi, così come non sono mancate le iniziative private, per un pentimento collettivo che rimuove la colpa e salva anche chi non si è mai pentito. Poco male. Il bagno di folla, per un giorno illude di abitare da un’altra parte, che gli italiani non votino alla grande per Berlusconi e Lega nord. La contraddizione non può non indurre qualche riflessione sul contributo di questa commemorazione in merito a ciò che realmente è stato il fascismo e sulla percezione che di esso oggi ne hanno gli italiani. Anche perché, davanti all’oblio che immediatamente segue la contrizione, diventa difficile evitare di porsi un paio di dolorose domande. Come possono conciliarsi, nella coscienza di un individuo, la commozione postuma e le lacrime tardive per le deportazioni nei lager di ebrei, zinagari, omosessuali e comunisti, e l’indifferenza di fronte al razzismo grondante da ogni riga dell’ultimo pacchetto sicurezza sfornato dal governo che ha votato ? (…) c’est moi qui souligne E’ questo senso di normalità e di indifferenza, che si sta creando di fronte alla larga diffusione popolare di una cultura politica fascista, a rendere l’idea di quanto possa pesare su una popolazione una mancata resa dei conti con il proprio passato. _____

On a beaucoup glosé par chez nous aussi sur la frénésie commémorative et la repentance qui se sont emparées de la France. On a parlé d’inflation mémorielle, contre laquelle il serait urgent de lutter… et aussi des dangers d’un communautarisme mémoriel. Commémorer: une façon de se donner bonne conscience à bon compte…Mais cet article aborde le problème particulier de l’italie vis-à-vis d’un fascisme qui est loin d’être mort. Relooké pour paraître plus acceptable, il est de moins en moins souterrain, de moins en moins rampant, de plus en plus affirmé et légitimé.

http://www.rivistapaginauno.it

 




Fotografia a Venezia nel dopoguerra

18032009

menegon.jpg 

Photo Claudio Menegon

Une magnifique expo photo à visiter:

http://www.cflagondola.it/Mostre/gondola60/Cand/index-1.html

lorenzobullo.jpgsuore.jpg 

 Mon palmarès (Top ten….mais l’exercice est difficile..)

1. Composizione N°3 de Claudio Menegon / 2. In vaporetto de Berengo Gardin /3. Un filo d’erba de Bruno Bruni / 4. Senza titolo n °2 de Lorenzo Bullo  5. Neve e nebbia a Cimolais de Elio Ciol /6. American bar de Enrico Bacci. / 7. Sinfonie invernali de Renato Idi. / 8. Morbidi pesi de Carlo Bevilacqua / 9. Ospite inattesa in basilica, de sergio Moro. / 10. Il ciclista de Carlo Nason.

…le vôtre?




La paura

17032009

paura.jpg Depuis l’été dernier: livres de sang, cadavres dans la neige, boue des tranchées,  désespoir et  peur… Pas de rhétorique chez ces auteurs: Mario RIGONI STERN (il sergente nella neve) , Emilio LUSSU (un anno sull’altipiano) Eugenio CORTI (Il cavallo rosso), et DE ROBERTO dans ce court récit paru en 1921, et que je viens de découvrir.  Un titre simple, la peur. J’ignore ce que peut donner le récit dans sa traduction française étant donné qu’il est truffé de dialectes. 50 petites pages très denses, vraiment très étonnantes de sobriété . Rien à voir avec I Viceré, son oeuvre monumentale, que j’aime beaucoup aussi. Mais ce court récit, il l’écrivit près de trente ans plus tard…

 Eugenio CORTI se distingue parce que son livre est un roman-fleuve, environ 1300 pages dont il faut partir à l’assaut, mais aussitôt on est captivé. Une grande partie du roman se situe durant la campagne de Russie de la deuxième guerre mondiale. RIGONI STERN est sans doute mon préféré. D’Emilio LUSSU, je retiens quelques scènes dialoguées vraiment émouvantes. Des écrivains à faire connaître davantage en France.

A lire en français:

- La peur. Federico DE ROBERTO ed Le passeur 1999, tirage épuisé

- Les hommes contre Emilio LUSSU chez Denoël. Une belle préface de Philippe Claudel.

- Le sergent dans la neige Mario RIGONI STERN (ed 10/18, pas chère!!!)

- Le cheval rouge, Eugenio CORTI (oui, un peu plus cher ce livre:  32 euro aux éditions l’Age d’homme, mais un ou deux  mois de lecture qui prend aux tripes.)

 

Pour les situer: DE ROBERTO  (1861-1927) LUSSU (1890-1975) RIGONI STERN (1921-2008) .Eugenio CORTI est né en 1921.







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