Les stratagèmes de Fred

23 02 2009

ou comment Fred VARGAS m’a bluffée…

 Longtemps j’ai passé dédaigneusement mon chemin dans les travées des grandes surfaces où les livres de Fred Vargas sont vendus parmi tous ceux qui ont acquis le statut (envié et honni à la fois) de bestseller. Un certain snobisme, à l’évidence, chez moi. Tous ces livres et leurs couvertures criardes, leurs bandeaux aguicheurs, et dont les media nous rebattent les oreilles pour vanter les produits marketing qu’ils sont, très peu pour moi !

Alors je n’aurais probablement jamais ouvert un livre de Fred Vargas si ma fille Joséphine ne m’en avait conseillé la lecture. Du haut de ses dix ans et demi elle se révèle déjà bonne conseillère en matière de livres (elle fait partie de ces rares enfants qu’il faudrait punir de trop lire. ‘Eteins la lumière!’ Elle vient d’accomplir le grand saut qui l’a propulsée de la bibliothèque rose aux livres des grands). J’ai donc suivi sa prescription …et me suis laissée à lire, un peu perplexe, un roman de celle que l’on présente comme « la reine du roman policier français ». (Tac! Toujours le mode superlatif, papesse du rompol, impératrice du polar, et gnagnagna, ça en devient assommant!)

D’abord Pars vite et reviens tard. Quel titre! Mais il est vrai que « Casse-toi » eût été trop abrupt.  Je n’ai tout d’abord pas aimé ce titre, pas du tout, parce qu’il m’en rappelle un autre, « je voudrais que quelqu’un… » Une atrocité. On croirait lire le magazine ELLE.

Mais voilà: je suis tombée sous le charme. Et ce titre, a posteriori, m’a paru …évident et nécessaire.  J’ai lu le livre très vite, happée par cette histoire étrange, où il est question de peste ravageant Paris. Je n’en dirai pas davantage pour ceux que j’aurai convaincus d’aller y voir de plus près…Aussitôt après j’ai choisi Sous les vents de Neptune. Celui-ci, quel beau titre!

Alors que finalement, le livre m’a plu, mais bien moins que le premier.

Fred VARGAS c’est avant tout un style. Bon sang, cette femme écrit comme un homme! (un relent de misogynie, oui…). C’est de l’alcool fort, un truc qui pique, qui écorche les yeux, la gorge, parfois on ne sait plus ce qui prévaut, du plaisir ou de la brûlure.  Un peu aussi comme un bonbon à la menthe très forte : c’est trop fort, mais c’est ce qui en fait tout l’intérêt. Sinon, autant choisir un berlingot, ou pire, une guimauve. Bien fade et toute molle. Parce que chez Fred Vargas, des trucs qui sont trop forts, il y en a…Des personnages qui frisent la caricature (sont même des caricatures!), des intrigues à la limite de l’invraisemblance. Et pourtant… Dans Sous les vents de Neptune par exemple, le commissaire Adamsberg  et son équipe sont à Montréal au Québec. Prétexte à émailler ses dialogues de savoureuses expressions québécoises.  C’est cousu de fil blanc ! C’est un stratagème. Et l’on sent qu’elle s’est abondamment documentée, même qu’elle en fait trop! Mais quel talent, quel charme! Moi qui ai toujours vu dans la vraisemblance le critère le plus important pour un roman, je reviens sur cette position.

Et je la suis dans ses délires : loups-garous, peste, rats qui pullullent, fantômes armés de trident, hacker nonagénaire, mystérieux Mah-jong… 


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