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Livres, dessins, musique…

28022009

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Du côté de l’Italie…

(mais pas seulement)

 




Balliamo!

27022009

Pour Patricia, Donata, et Alessandra tout spécialement ! En souvenir du mois de  mai 2008 passé dans le Salento (tout en bas en bas, le talon de la botte)

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BALLATI TUTTI QUANTI

Lu sciallabbà. Je ne sais toujours pas ce que ça signifie mais ça ressemble bigrement à de l’arabe, ce mot! Il s’agit apparemment d’un chant de « corteggiamento » , de séduction.

 La danse, très typique, s’appelle la pizzica.




Regarder sans voir

25022009

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On regarde un tableau, on le contemple, dans l’idéal au musée qui le possède, sinon par le truchement d’un livre, qui a l’avantage (mais peut-être est-ce un inconvénient)  d’être assorti de commentaires, de fines analyses, et de proposer des détails vus à la loupe.

 On regarde mais… on n’y voit rien!

 La Vénus d’Urbin de Titien. J’en avais fait mon fond d’écran d’ordinateur pendant de longs mois: il m’a tenu compagnie. Et sans cesse intriguée. Je me suis toujours demandé (pas vous? ) ce que pouvait bien traficoter la servante penchée sur son coffre, dans le fond du tableau.

Si vous voulez le savoir, et apprendre toute une série de choses, et surtout si vous voulez enfin VOIR ce que vous avez maintes fois regardé sans que cela vous parle, lisez ce texte: La femme dans le coffre. C’est un chapitre qui figure dans le livre de Daniel Arasse On n’y voit rien! Sous la forme d’une fiction narrative qui prend l’allure d’un dialogue platonicien (oui car on y retouve une certaine maïeutique, pas mal d’ironie…) deux spécialistes d’histoire de l’art qui ne s’accordent pas sur le sens à donner à ce tableau (sauf sur son érotisme) se livrent à une véritable « dispute » où se mêlent érudition, humour ébouriffant et autodérision (celle de Daniel Arasse qui de façon détournée s’accuse de « masturbation intellectuelle », chose amusante étant donné que ce thème affleure-effleure dans le tableau).

Les descriptions de Daniel Arasse (tel est le sous-titre de l’ouvrage) ne sont pas en réalité des descriptions mais des cheminements, des pistes pour réapprendre à voir le signe qui se cache derrière le signe. Apercevoir ce qui fait signe à travers le signe.  « Voir au travers ». Quand l’invisible vient dans la vision, selon l’expression de l’auteur lui-même.

 C’est un texte court et vif, dialogué, vraiment éblouissant.

Daniel Arasse, On n’y voit rien ! folio Essais

D. Arasse est né en 1944 et mort en 2003. Il a donné de rafraîchissantes leçons d’histoire de l’art à la radio. Pour tout savoir sur ses publications:

http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/dossiers/2004/arasse/biblio.php

La Vénus d’Urbin (Venere di Urbino) est une peinture de la Renaissance réalisée par Titien entre 1538 et 1539. Le peintre a alors 50 ans et c’est la première fois qu’on lui passe commande d’un tel nu. La toile est exposée à la Galerie des Offices de Florence mais fut au départ conçue pour être transportable, selon les vœux d’un noble italien de l’époque (dimensions 119 cm x 165 cm (in Wikipedia)




Gnòsi delle Fànfole (poesia metasemantica)

23022009

Une découverte que je dois à la revue PaginaUno dont je suis une aficionada !

www.rivistapaginauno.it

La poésie métasémantique de Fosco MARAINI (une expérience à la Michaux dans la littérature italienne). Un auteur inclassable, explorateur, photographe, japoniste (ça se dit?), angliciste, naturaliste, libre-penseur, et papa de Dacia.

Gnòsi delle Fànfole (poesia metasemantica) dans Littérature italienne

Le recueil est accompagné d’un CD fascinant. Les musiques sont de Massimo Altomare et Stefano Bollani.

 Je dois faire un choix douloureux en ne recopiant qu’une seule des poésies. Comprate questo libro!

Il lonfo

 

Il lonfo non vaterca né gluisce

e molto raramente barigatta,

ma quando soffia il bego a bisce bisce

sdilenca un poco, e gnagio s’archipatta.

E’ frusco il lonfo ! E’ pieno di lupigna

arrafferia malversa e sofolenta !

Se cionfi ti sbiduglia e t’arrupigna

se lugri ti botalla e ti criventa.

Eppure il vecchio lonfo ammargelluto

che bete e zugghia e fonca nei trombazzi

fa lègica busìa, fa gisbuto;

e quasi quasi in segno di sbrodazzi

gli affarferesti un gniffo. Ma lui zuto

t’alloppa, ti sbernecchia; e tu l’accazzi.

Ce que j’en pense:

 Au déblutage on exufloque, la vellibuge de ces angoulapies nous assipoise, ses frelures harastiques m’envitupèrent et l’hurubescence de ses synacropies m’intrulise. Que de flafres dans ces veloutescences ! On s’y recruque à vert pouaque. Mais point de fanfrelinades, ça vous arabistoufle aux agrippures. Parcequ’ ilifre à devisquer, tant que l’yproge y fouinasque. Voilà un acriblage taramol et gustif, d’agrissère flugie.

 autre poésie:

http://www.youtube.com/watch?v=q_-qGExLGXs&feature=related

 

 




Les stratagèmes de Fred

23022009

ou comment Fred VARGAS m’a bluffée…

 Longtemps j’ai passé dédaigneusement mon chemin dans les travées des grandes surfaces où les livres de Fred Vargas sont vendus parmi tous ceux qui ont acquis le statut (envié et honni à la fois) de bestseller. Un certain snobisme, à l’évidence, chez moi. Tous ces livres et leurs couvertures criardes, leurs bandeaux aguicheurs, et dont les media nous rebattent les oreilles pour vanter les produits marketing qu’ils sont, très peu pour moi !

Alors je n’aurais probablement jamais ouvert un livre de Fred Vargas si ma fille Joséphine ne m’en avait conseillé la lecture. Du haut de ses dix ans et demi elle se révèle déjà bonne conseillère en matière de livres (elle fait partie de ces rares enfants qu’il faudrait punir de trop lire. ‘Eteins la lumière!’ Elle vient d’accomplir le grand saut qui l’a propulsée de la bibliothèque rose aux livres des grands). J’ai donc suivi sa prescription …et me suis laissée à lire, un peu perplexe, un roman de celle que l’on présente comme « la reine du roman policier français ». (Tac! Toujours le mode superlatif, papesse du rompol, impératrice du polar, et gnagnagna, ça en devient assommant!)

D’abord Pars vite et reviens tard. Quel titre! Mais il est vrai que « Casse-toi » eût été trop abrupt.  Je n’ai tout d’abord pas aimé ce titre, pas du tout, parce qu’il m’en rappelle un autre, « je voudrais que quelqu’un… » Une atrocité. On croirait lire le magazine ELLE.

Mais voilà: je suis tombée sous le charme. Et ce titre, a posteriori, m’a paru …évident et nécessaire.  J’ai lu le livre très vite, happée par cette histoire étrange, où il est question de peste ravageant Paris. Je n’en dirai pas davantage pour ceux que j’aurai convaincus d’aller y voir de plus près…Aussitôt après j’ai choisi Sous les vents de Neptune. Celui-ci, quel beau titre!

Alors que finalement, le livre m’a plu, mais bien moins que le premier.

Fred VARGAS c’est avant tout un style. Bon sang, cette femme écrit comme un homme! (un relent de misogynie, oui…). C’est de l’alcool fort, un truc qui pique, qui écorche les yeux, la gorge, parfois on ne sait plus ce qui prévaut, du plaisir ou de la brûlure.  Un peu aussi comme un bonbon à la menthe très forte : c’est trop fort, mais c’est ce qui en fait tout l’intérêt. Sinon, autant choisir un berlingot, ou pire, une guimauve. Bien fade et toute molle. Parce que chez Fred Vargas, des trucs qui sont trop forts, il y en a…Des personnages qui frisent la caricature (sont même des caricatures!), des intrigues à la limite de l’invraisemblance. Et pourtant… Dans Sous les vents de Neptune par exemple, le commissaire Adamsberg  et son équipe sont à Montréal au Québec. Prétexte à émailler ses dialogues de savoureuses expressions québécoises.  C’est cousu de fil blanc ! C’est un stratagème. Et l’on sent qu’elle s’est abondamment documentée, même qu’elle en fait trop! Mais quel talent, quel charme! Moi qui ai toujours vu dans la vraisemblance le critère le plus important pour un roman, je reviens sur cette position.

Et je la suis dans ses délires : loups-garous, peste, rats qui pullullent, fantômes armés de trident, hacker nonagénaire, mystérieux Mah-jong… 




Vinicio Capossela

22022009

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Il vient à Luxembourg le 6 mai prochain. Voir le lien ci-dessous:

http://www.rockhal.lu/fr/agenda/other/show/detail/vinicio-capossela/

 D’habitude je suis allergique aux chansons d’amour et aux couchers de soleil…!

 

« Il silenzio fa il rumore dei tuoi passi andati »

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Le syndrome du marchand de glace

22022009

glaces.jpgDans mon village loin de tout, l’été, il y avait un marchand de glaces ambulant qui venait parfois avec sa camionnette multicolore et qui, toutes sirènes hurlantes (ou plutôt toutes clochettes tintinnabulantes), avertissait les mioches qui déjà se léchaient les babines et rappliquaient ventre à terre.

Munie d’une pièce que maman m’avait donnée, je me dirige vers la camionnette…j’ai environ sept ou huit ans, et je commence à savoir faire des petites emplettes toute seule comme une grande (et la vieille épicière avec ses cheveux violets et son sourire faux en profite pour oublier de rendre aux gosses quelques piécettes par-ci par-là, par inadvertance, oui oui …). Je suis la dernière petite cliente de l’après-midi. J’entends le marchand qui commence à remballer son barda. Je ne le vois pas car ma petite taille, même en me hissant sur la pointe des pieds, ne me permet pas de dépasser le rebord du comptoir. Il ne me voit pas non plus, mais je brandis bien haut ma pièce de monnaie d’une main timide en espérant qu’il l’aperçoive et comprenne.

Il est parti, vrououmm…. en me laissant là comme une godiche avec ma pièce de monnaie tendue…

Pitoyable petite fille laissée sur le bord de la route…(il y en a qui toute leur vie restent au bord de la route).

Je suis rentrée me faire consoler par maman, pleurant plus de fureur sur ma propre timidité, sur ces mots si simples qui ne sont pas sortis de ma bouche, que de dépit pour cette glace manquée…

J’y vois là le signe de mon incommensurable bêtise d’alors, de cette peur de me faire remarquer qui faisait de moi une véritable gourde. Un enfant normal aurait appelé le marchand , « hé oooohhh m’sieueueueu, hé…sioupléééé !!! »  frappé sur le zinc du camion, donné des coups de pieds pourquoi pas…mais il aurait eu sa glace et le sourire du marchand.

Sans doute n’aurait-il pas fallu me consoler mais m’inciter à plus de hargne, d’assurance, car il faut bien être armé et dans la lutte pour la vie, quand même, s’acheter une glace, ce n’est pas grand-chose…

Je suis adulte, majeure et vaccinée (comme on dit), mais il arrive encore que des clients indélicats dans une agence de voyages, un supermarché, me passent sous le nez impudemment sans que j’ose broncher… ou finalement sans que j’estime nécessaire la dépense d’énergie que demanderait une altercation. Par paresse.

Mais bon, j’ai quand même pas mal changé, heureusement, et (voilà pourquoi ?) chaque fois que je parviens à être odieuse, j’en tire un plaisir indicible, un sentiment de victoire… !




22022009

Nous sommes, par nature, si futiles, que seules les distractions peuvent nous empêcher vraiment de mourir. 

 dans Humeurs Louis-Ferdinand_Celine_visto_Tullio_Pericolidessin de Tullio Pericoli

L.F.Céline, Voyage au bout de la nuit, édition Gallimard illustrée par Tardi, p 162.




Capitaine Conan

21022009

C’est un vieux livre de poche aux pages jaunies, à la bonne odeur reconnaissable de presque-moisi, celle de mes longs étés passés à bouquiner. Capitaine Conan, de Roger Vercel, prix Goncourt 1934. Qui c’est, ce Roger Vercel? Déjà relégué aux oubliettes, ne figure ni dans le Larousse ni dans le Petit Robert…heureusement que la mine d’or de l’internet permet d’aller fouiner pour se renseigner.

Et pourtant quelle injustice que cet oubli, car voilà un très beau récit de guerre, âpre, viril, jamais manichéen. Souvent étonnant aussi, peut-être en partie parce qu’il rapporte l’argot des poilus de 1918, un argot devenu obsolet.

Capitaine Conan n’est pas un héros, dans la vie civile il a même quelque chose du minable, ou du raté, juste un petit mercier breton au destin anonyme et terne, mais la guerre lui permet de se surpasser, dans la barbarie et la cruauté, sans doute, oui, mais n’est-ce pas ce qui fait du sodat un héros? C’est un guerrier sauvage, bretteur et insolent, au franc-parler, au couteau leste, amoral et gai. (« je discernais sous ses bouffonneries une révolte obstinée qui m’épouvantait » dit de lui son ami le lieutenant Norbert.)

Juste après l’armistice de 1918, le voilà lui et ses hommes de l’armée d’Orient , la seule à n’être pas démobilisée, livrés à eux-mêmes, à l’ennui pesant de l’inactivité. Casernés dans Bucarest, les soldats se livrent au pillage, au viol, au meutre. Le lieutenant Norbert, ami du capitaine Conan,  est chargé, en tant que commissaire-rapporteur, de faire arrêter et juger les coupables, en vertu de la nouvelle morale d’après-guerre qui s’est substituée en l’espace de quelques jours à celle qui leur commandait de foncer tête baissée vers l’ennemi, dans la boue des tranchées, au mépris de la vie, de la douleur, du froid, dans des luttes sans merci, le plus souvent au corps à corps. Ce sont des chiens (presque des loups) que l’on a exercés au combat, dont on a réveillé la férocité, et à qui on demande maintenant de rester sagement couchés à la niche… »demande donc à un clebs de s’adapter à la salade »…

« Il se passe, en effet, quelque chose d’extraordinaire que je commence seulement à entrevoir: des grenadiers, des mitrailleurs, des guetteurs et des canonniers qui redeviennent des hommes, pour la première fois, depuis quatre ans ! Hier, on ne leur concédait qu’une âme uniforme, simplifiée, où l’on ne surveillait que l’obéissance et le courage. Aujourd’hui, brusquement, il faut compter avec les désirs, leurs instincts, leur passé inconnu auquel ils renouent le présent. Les voilà définitivement sortis de la tranchée qui les canalisait, et il est à prévoir que le séminariste et le souteneur, qu’il était hier presque possible de confondre, ne feront point, aujourd’hui qu’on les a lâchés, les mêmes gestes, aux mêmes lieux !  »

Récit poignant, mais jamais pathétique. Je me suis autorisée à souligner plein de passages dans ma vieille édition de 1965 (dans un poche, on a le droit!). Le premier chapitre est un chef d’oeuvre à lui tout seul. Très belle histoire que celle d’Erlane, ce pauvre gosse condamné à mort pour désertion et trahison, car ce n’est qu’un piteux enfant-soldat, un maigre pantin mort de frousse. Norbert fera tout pour le sauver. Conan dit de lui « il me rappelle les pinsons que je prenais, étant gosse, les jours de neige, pour les boucler dans une cage en fil de fer…Un de ces matins, ils le retrouveront raide. »

Souvent, des scènes d’un lyrisme endiablé. La plupart du temps, je saute les scénes de bataille, par ennui, mais dans ce roman elles sont au-delà du genre, belles, vraies, comme celle-ci:

« Et sur le fleuve, la rumeur monte, ardente, touffue!  J’entends des cris se tordre dans des gueules noires, d’autres qui se cassent par le bout, d’autres qui se prolongent, horizontaux, sans fléchir, puis se tranchent net, comme une gorge…La pluie a cessé, et l’air froid du matin détaille affreusement ce sabbat. pas une huée ne se perd, chacune s’enfonce dans l’oreille, avec son sens précis d’assassinat, le couteau, l’élan bas de la baïonnette, le coup de crosse, pas celui du théâtre où l’on empoigne à deux mains le fusil par le canon, pour le brandir au-dessus de sa tête, mais le vrai, l’arme saisie à la poignée et à la grenadière, levée à la hauteur de l’oreille, et le coup qui part oblique, en vache, défonce, fait sauter les dents sous la plaque de couche !…On ne peut pas rester là! La gaine molle de la terre me brûle les cuisses, le ventre!…Mon fusil mitrailleur est couché derrière moi.[...]

Et rien à faire qu’à attendre ! Si je cours au fleuve, à travers la plaine, je serai descendu par ceux de la lisière, avant d’avoir fait cent mètres. Si je vais m’enliser dans le marais, je ne serai plus qu’une tête sur de la boue liquide, une tête qu’on défonce, qu’on enfonce!… Mes hommes l’ont compris comme moi: ils s’intallent sur place. Couchés sur le flanc, ils entaillent la terre de leur pelle-bêche. Seulement, les pauvres gars, ils n’auront jamais le temps de faire de beaux trous ! Ils amasseront tout juste un petit tas devant leur tête, mais leur dos! …C’est là qu’ils seront troués!…les roseaux s’abattent plus vite, maintenant que nous ne tirons plus. Dans quelques minutes!…

Et ça se passera exactement sept mois et douze jours après l’armistice ! …Ils me font doucement rigoler ceux qui ont tant gémi sur le sort du dernier tué de la guerre, celui de la minute d’avant le « cessez le feu! » Comme s’il pouvait y avoir jamais un dernier tué!…

…le branle des roseux approche. La rumeur du corps à corps, là-bas, ne couvre même plus l’odieux crépitement de leurs tiges qui cassent…

-Alimentez vos magasins !

Cet ordre, donné pour tuer vite, pourrait être une recommandation à des épiciers!…

Les roseaux! …Je ne veux plus les voir, de peur de m’affoler!…Quand ils ne bougeront plus, oui, mais puisqu’ils basculent encore, je regarde gloutonnement ailleurs, je regarde le ciel, la butte de Conan merveilleusement précise au soleil. Le porche du moulin y arrondit une ombre chaude, dorée. Ce sera donc ça, la dernière chose aimable où je reposerai mes yeux: la douceur lumineuse d’une vieille porte ?… »

A-t-on jamais aussi bien décrit la peur de mourir?

Bertrand TAVERNIER a adapté ce roman au cinéma en 1996, sous le titre éponyme.




Dante , Divine Comédie, Enfer, chant XXVI

21022009

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Voilà, c’est la seule vidéo que j’aie trouvée (une autre a été supprimée). Alors j’avertis: le choix des images est catastrophique, c’est une calamité, une horreur, une abomination, c’est à vomir, c’est débile! Mais il y a la voix d’outre-tombe de Carmelo Bene !

Alors ne regardez pas ces croûtes, contentez-vous d’écouter.

 

Poi che la fiamma fu venuta quivi
dove parve al mio duca tempo e loco,
in questa forma lui parlare audivi :
« O voi che siete due dentro ad un foco,
s’io meritai di voi mentre ch’io vissi,
s’io meritai di voi assai o poco
quando nel mondo li alti versi scrissi,
non vi movete ; ma l’un di voi dica
dove, per lui, perduto a morir gissi ».
Lo maggior corno de la fiamma antica
cominciò a crollarsi mormorando,
pur come quella cui vento affatica ;
indi la cima qua e là menando,
come fosse la lingua che parlasse,
gittò voce di fuori, e disse : « Quando
mi diparti’ da Circe, che sottrasse
me più d’un anno là presso a Gaeta,
prima che sì Enëa la nomasse,
né dolcezza di figlio, né la pieta
del vecchio padre, né ‘l debito amore
lo qual dovea Penelopè far lieta,
vincer potero dentro a me l’ardore
ch’i’ ebbi a divenir del mondo esperto
e de li vizi umani e del valore ;
ma misi me per l’alto mare aperto
sol con un legno e con quella compagna
picciola da la qual non fui diserto.
L’un lito e l’altro vidi infin la Spagna,
fin nel Morrocco, e l’isola d’i Sardi,
e l’altre che quel mare intorno bagna.
Io e ‘ compagni eravam vecchi e tardi
quando venimmo a quella foce stretta
dov’Ercule segnò li suoi riguardi
acciò che l’uom più oltre non si metta ;
da la man destra mi lasciai Sibilia,
da l’altra già m’avea lasciata Setta.
‘O frati’, dissi ‘che per cento milia
perigli siete giunti a l’occidente,
a questa tanto picciola vigilia
d’i nostri sensi ch’è del rimanente
non vogliate negar l’esperïenza,
di retro al sol, del mondo sanza gente.
Considerate la vostra semenza :
fatti non foste a viver come bruti,
ma per seguir virtute e canoscenza’.
Li miei compagni fec’io sì aguti,
con questa orazion picciola, al cammino,
che a pena poscia li avrei ritenuti ;
e volta nostra poppa nel mattino,
de’ remi facemmo ali al folle volo,
sempre acquistando dal lato mancino.
Tutte le stelle già de l’altro polo
vedea la notte, e ‘l nostro tanto basso,
che non surgëa fuor del marin suolo.
Cinque volte racceso e tante casso
lo lume era di sotto da la luna,
poi che ‘ntrati eravam ne l’alto passo,
quando n’apparve una montagna, bruna
per la distanza, e parvemi alta tanto
quanto veduta non avëa alcuna.
Noi ci allegrammo, e tosto tornò in pianto ;
ché de la nova terra un turbo nacque
e percosse del legno il primo canto.
Tre volte il fé girar con tutte l’acque ;
a la quarta levar la poppa in suso
e la prora ire in giù, com’altrui piacque,
infin che ‘l mar fu sovra noi richiuso 

 Pas d’explication de texte, non? De toute manière, il suffit de se laisser envoûter par cette voix des profondeurs! A écouter, réécouter…







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